La tempête Kristin a ravagé le centre du Portugal
Dans la nuit du 27 au 28 janvier dernier, une tempête a ravagé la région centre du Portugal, en particulier autour de la ville de Leiria.
(José da Silva de “Portugal en Français”) – Enfin… « tempête » dirions-nous, pudiquement, en déni de la réalité. Lorsque les vents sont au-dessus de 179 km/h, les météorologues parlent « d’ouragan intense ». C’était le cas au Portugal, où par endroits, il s’est fait sentir à plus de 200 km/h.
Pourquoi un tel déni ? Pour se voiler la face ? Pour continuer de croire que nous sommes toujours dans un pays tempéré, malgré les évidences ? Chaque année, le climat se polarise de plus en plus autour de deux saisons : la sécheresse et son lot d’incendies de forêt, et les pluies, et son lot d’inondations et de tempêtes, toujours plus intenses.
Les médias francophones en ont peu parlé. Tout juste une ou deux minutes à la télé, quelques lignes dans les journaux. Pas assez de morts, à peine six, pour rester cynique. Et pourtant, Kristin est un premier symptôme qui concerne tous les Européens. Le Portugal n’est qu’aux avant-postes du dérèglement climatique, et les conséquences vont se faire sentir pour le pays encore de longues semaines ou mois.
Jugez donc : des milliers d’arbres ont été déracinés comme s’ils n’étaient que de frêles brins d’herbe, couchés le long des routes, couchés sur les infrastructures électriques. Près d’une semaine après le passage de Kristin, plusieurs dizaines de milliers de familles n’ont toujours pas de courant, d’eau, de téléphone. Coupés du monde, c’est à grands coups de tronçonneuses que les bénévoles dégagent des routes pour porter secours à des populations isolées, souvent vieillissantes.
Les industries de cette région côtière sont à l’arrêt. Les toitures sont tombées, les travailleurs s’occupent d’empêcher la pluie de tomber chez eux, celle-ci insistant à ne pas vouloir accompagner Kristin vers la sortie. Les écoles sont, pour la plupart à Leiria, toujours fermées. Nous pourrions dire que c’est une situation exceptionnelle, que les autorités ne pouvaient pas prévoir, et qu’elles ont été prises de court.
Mais, pour rester diplomate, ce n’est pas tout à fait exact. Le Portugal a eu plusieurs avertissements par le passé. En 2018, la région avait été dévastée par la tempête Leslie. Cette année, ce furent des milliers de personnes qui durent attendre plus d’une semaine que l’électricité revienne. En 2026, Kristin fait passer Leslie pour une petite tempête de seconde zone. Pouvions-nous le prévoir ? Oui. Qu’est-ce que les autorités portugaises ont fait ? Rien.
Au-delà des reproches, naturels lorsque nous sommes sur le coup de la colère, il faut maintenant regarder devant, et se dire, qu’allons-nous changer ? Il ne s’agit pas que des intempéries, mais également des incendies qui détruisent tant d’hectares chaque année au Portugal.
Tout ceci est lié. Lorsque vous avez d’énormes pannes de courant en 2025 dans toute la péninsule ibérique, comment pouvons-nous rester de marbre, sans plan d’urgence alternatif afin de rétablir l’électricité, un service vital, dont dépendent l’eau ou les communications ?
Au Portugal, on s’interroge, et peut-être que le pays montrera la voie sur ce qu’il faut faire à l’avenir. Nous ne parlons plus de lutter contre le réchauffement climatique. C’est trop tard. Il est là. Il faut maintenant prendre les mesures pour venir en aide à chaque nouvelle catastrophe, et apprendre à gérer, à l’instar des pays qui y sont habitués, ces phénomènes climatiques de l’extrême.

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