L’art de vendre ses défaites comme des « succès »

L'Union européenne en la personne d'Ursula von der Leyen et Donald Trump ont trouvé un « accord » concernant les droits de douane. Un « deal » qui ressemble à une capitulation.

Le sourire du monsieur à droite est compréhensible, mais pourquoi la dame à gauche est également contente ? Foto: Fred Guerdin / © European Union, 2025 / EC - Audiovisual Service / Wikimedia Commons / CC-BY 4.0int

(KL) – Ils étaient contents. Même plus que contents. Après leur rencontre en Écosse, Ursula von der Leyen et Donald Trump trouvaient que leur « accord » sur les droits de douane imposés par Trump au monde entier, était « historique ». Lorsque l’on regarde cet « accord » de plus près, on constate des choses qui coûteront très chères à l’Europe. Et qui paiera ? Vous. Les citoyens américains. Nous tous. Mais pas ceux qui décident de ces mesures qui ne déstabilisent pas seulement le commerce international, mais qui auront d’autres conséquences dangereuses pour l’Europe.

Donc, Donald Trump imposera des droits de douane de 15% sur tous les produits européens (sauf quelques exceptions, comme les produits d’acier et d’aluminium qui restent frappés de 50% de droits de douane) et la présidente de la Commission européenne était soulagée d’avoir échappé aux 30% que Trump voulait initialement imposer.

Mais évidemment, la générosité de Donald Trump a son prix et ce prix est tout sauf bon marché. Cette baisse de 30% à 15% de droits de douane, coûtera à l’Europe : des investissements aux USA de 600 milliards de dollars ; l’achat d’énergies américaines pour 750 milliards de dollars. Particulièrement embêtant, l’Europe se mettra ainsi à importer et à utiliser à nouveau des énergies fossiles, principalement exploitées en ruinant l’environnement, ce qui va à l’en-contre des plans climatiques que l’Europe veut réaliser ; l’Europe devra davantage ouvrir ses marchés pour les produits agricoles et les automobiles américains – on dirait que cette « remise » de 15% sur les droits de douane américains, « négocié » sans contrepartie supplémentaire, nous coûtera un billion et demi de dollars. En chiffres : 1.500.000.000.000 dollars. Et là, on se pose la question si Donald Trump ne vient pas d’imposer à Ursula von der Leyen le Traité sur les libres échanges que les Européens ne voulaient pas signer, tout en obtenant de la part de la présidente de la Commission européenne, une capitulation en bonne et due forme.

Ce qui pourrait être considéré comme « historique » dans cette histoire, est la façon d’Ursula von der Leyen de distribuer l’argent européen – si à l’époque, elle s’était contentée de dépenser des milliards, elle s’est attaquée aux billions maintenant. Du coup, on se souvient qu’elle avait présenté un budget de 2 billions d’euros pour la prochaine mandature, budget refusé même à Berlin.

Les droits de douane, ce sont les états qui les encaissent. Mais quelqu’un doit bien payer ces droits qui rendent les produits importés plus chers. Correct, et ce quelqu’un, ce sont les citoyens européens et américains qui verront (et qui voient déjà) leur pouvoir d’achat diminuer, en parallèle d’une forte augmentation des prix. A bien y regarder, il s’agit d’une sorte de nouvel impôt, encaissé des deux côtés de l’Atlantique et Madame von der Leyen s’auto-félicite pour cette capitulation onéreuse ?

Ceux qui signent de tels accords, ne devraient pas être fiers. L’Europe vend son argenterie pour satisfaire les envies d’un président américain qui sème le chaos dans le monde depuis le jour de son retour à la Maison Blanche. Cette soumission à un président qui dirige son pays en autocrate, n’honore pas l’Europe et surtout pas Ursula von der Leyen. Après, l’Europe ne doit pas s’étonner que les puissants du monde ne la prennent plus au sérieux…

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