Le colonialisme change de couleur
Un nombre croissant de pays africains cherche la proximité avec la Russie. Depuis le poutch au Niger, les manifestations anti-françaises se multiplient. Emmanuel Macron met en garde contre des attaques sur les « intérêts français ».
Le Niger, encore un pays qui s'est défait de l'ancienne force de colonisation. Foto: JRC (ECHO, EU) / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int
(KL) – Nous assistons actuellement à un changement du paradigme africain qui s’était annoncé depuis longtemps. Mais étonnamment, plusieurs pays africains ne cherchent pas l’émancipation de l’ancien colonisateur, mais ils préfèrent se rallier à la Russie et par ce biais-là, aux états BRICS. Les premières images après le poutch au Niger montraient de jeunes insurgés qui brandissaient – le drapeau russe.
Le « sommet russo-africain » à Saint Petersburg auquel avaient participé plus de 40 pays africains, montrait déjà les changements intervenus en Afrique. Si les états africains avaient le courage d’indiquer à leur hôte qu’il fallait cesser la guerre en Ukraine, l’influence russo-chinoise en Afrique n’est plus à démontrer. Après des siècles sous le joug anglais, français, portugais, allemand, italien et espagnol, les Africains cherchent désormais d’autres partenariats. Pour la Russie et la Chine, qui cherchent à étendre leurs zones d’influence, cette évolution vient au point nommé.
Mercredi dernier, le président du Niger, Mohamed Bazoum, avait été arrêté et le chef de la Garde Présidentielle, le général Abdourahamane Tiani, s’était autoproclamé nouveau chef de l’état. Depuis, on assiste à des manifestations anti-françaises. C’est ainsi que se termine la mainmise française sur son ancienne colonie et désormais, il s’agit d’évacuer les ressortissants français et européen du pays, avant qu’il n’y ait d’autres incidents que la tentative du week-end d’attaquer l’ambassade de France.
Aujourd’hui, les « intérêts français » ou européens n’intéressent plus grand monde en Afrique. Dans plusieurs pays, la présence de l’armée privée Wagner raconte toute l’histoire des changements qui s’opèrent actuellement en Afrique. Cette situation arrange bien les affaires de Vladimir Poutine qui compte occuper les Occidentaux en Afrique – la meilleure réponse serait de retirer, comme au Mali, les troupes occidentales et laisser les Africains tenter leur expérience avec la Russie, Wagner et la Chine.
Mais il faut se rendre à l’évidence – les « certitudes politiques » qui étaient les nôtres, n’ont plus cours. Le paysage politique et économique est en train de subir des changements majeurs. Au lieu de s’agripper au monde d’hier, en tentant en vain de le défendre, il vaudrait mieux s’adapter aux nouvelles réalités que l’Occident ne changera plus de toute manière.
Aujourd’hui, l’Europe doit s’occuper de l’Europe et ce, en essayant de ne pas trahir toutes les « valeurs » qui jadis, avaient fait la grandeur du vieux continent. Si l’Afrique ne veut plus de ses anciens colonisateurs, il faudra finir par l’accepter. Et si le réveil des Africains sous Poutine, Prigochin et les Chinois risque d’être douloureux, tant pis.
Les équilibres du monde ne sont plus, le monde s’organise autrement, que cela plaît aux Occidentaux ou pas. A Bruxelles, à la Commission, on ferait mieux de réfléchir comment gérer cette situation changée. Mais ça, ça peut attendre. D’abord, les fonctionnaires européens sont en vacances. Le monde s’écroule, mais visiblement, les vacances de l’Europe institutionnelle sont plus importantes. Alors, tout ça ne peut pas être si grave que ça…
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