Le Groenland vote pour une indépendance « raisonnable »
Jamais, une élection en Groenland n'a suscité autant d'intérêt. Depuis que Donald Trump a annoncé vouloir mettre la main sur la plus grande île du monde, rien n'est comme avant.
Le Groenland a voté – et les Groenlandais ne veulent pas devenir américains. Foto: Rita Willaert from 9890 Gavere, Belgium / Wikimedia Commons / CC-BY 2.0
(KL) – Les vainqueurs de l’élection législative en Groenland sont les sociaux-libéraux du « Demokraatit » avec 29,9% des votes, et une coalition avec le parti « Naleraq » (24,5%) se dessine. Les deux partis se font forts pour l’indépendance du Groenland, la différence étant que « Naleraq » voudrait opérer la séparation du Danemark le plus vite possible, tandis que « Demokraatit » voudrait réaliser cette séparation plus doucement et « sur une base solide ». Mais in fine, les Groenlandais ont voté pour l’indépendance et Donald Trump doit être en colère que quelques 40.000 Groenlandais veulent l’empêcher de mettre la main sur cette île où l’on soupçonne d’énormes gisements de ressources naturelles, allant du gaz naturel jusqu’aux Terres Rares.
Les grands perdants de cette élection sont les deux partis au pouvoir, « Inuit Ataqatigiit » (le parti du ministre-président Mute Egede) et « Siumut », qui ont perdu 30% des votes et sont passés de 66,1% il y a quatre ans, à 36% aujourd’hui. Si ces deux partis sont également favorables à l’indépendance groenlandaise, la différence entre ces quatre partis réside principalement dans l’agenda – les uns sont pressés, les autres veulent prendre plus de temps.
L’intérêt que Donald Trump a formulé en ce qui concerne le Groenland, a augmenté la prise de conscience que l’île compte parmi les régions les plus riches du monde. Pourquoi se soumettre alors aux USA ? Côté danois, on a compris depuis longtemps que le Groenland a vocation d’être indépendant et les différents gouvernements danois n’ont jamais dit vouloir garder le Groenland contre son gré comme une « province » danoise. Donc, la voie est libre pour l’indépendance.
Depuis 1979, le Groenland s’auto-administre dans la plupart des domaines et dispose expressément du droit de déclarer son indépendance. Aujourd’hui, les quelques 50.000 Groenlandais ont pris conscience d’être assis sur plusieurs trésors et souhaitent maintenant profiter de leur richesse. « Nous voulons plus d’économie pour financer notre prospérité », dit Jens-Frederik Nielsen, chef du « Demokratiit » et ancien ministre, et on a l’impression que les années fastes commencent sur cette île dans le Grand Nord.
Si la voie vers l’indépendance semble toute tracée pour le Groenland, il reste le souci des annonces de Donald Trump qui avait déclaré vouloir soit d’acheter le Groenland, soit le prendre par la force militaire. Le président américain, qui n’est pas à une folie près, serait parfaitement capable d’envahir ce pays géant avec une si faible population, puisqu’il y a beaucoup d’argent à gagner là-bas.
En tout cas, les jeux sont faits et seule la force militaire US pourrait empêcher le Groenland de trouver une nouvelle voie. Si une telle opération américaine placerait Donald Trump au même niveau que Vladimir Poutine, cela ne dérangerait certainement pas ce président fantasque. Espérons pour le Groenland que tout se passe bien…
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