Les bons conseils du Dr Trump
Sa prétendue omniscience de « very stable genius », comme aime à se qualifier Donald Trump, pourrait lui jouer un mauvais tour...
(Jean-Marc Claus) – Nous avions assisté médusés, durant la pandémie de Covid-19, à un grand moment de médico-trumpisme, cette pseudoscience associant complotisme de bas étage et poésie de haut vol. Pas vraiment persuadé de l’utilité du port du masque, auquel il s’était finalement astreint, probablement plus par crainte de perdre des électeurs que par conviction, Mister President s’était fendu de quelques « déclarations scientifiques » auxquelles seuls les tenants de la MAGAconnexion pouvaient accorder quelque crédit. Quoi que, au nombre de tous ceux qui en 2016 et 2024, ont voté pour Donald Trump, il n’y a pas que des irrécupérables crétins.
Suite à des communications scientifiques, à propos des effets virucides sur le coronavirus, des rayons ultraviolets et de l’eau de javel, le docteur Trump avait appelé de ses vœux les plus puérils, l’invention d’un moyen de faire entrer une puissante lumière dans le corps humain et d’y injecter un désinfectant pour le nettoyer. Nous connaissions jusque là, les produits nettoyants pour carburateurs de moteurs à explosion, ainsi que la conservation des aliments par rayons ionisants, mais pas la solaro-javelisation curative. La pandémie n’a pas duré assez longtemps, pour que ce médecin de Molière, lance un programme de recherche.
Mais il est vrai que l’épisode de la « stolen election » de 2020, a rebattu les cartes, faisant considérablement reculer les progrès de la médecine, jusqu’à fort heureusement il y aura bientôt un an, la nomination tant attendue de l’éminent scientifique Robert Francis Kennedy Jr, à la direction du United States Secretary of Health and Human Services. La gouvernance Trump II, sera incontestablement un nouvel âge d’or, des medecine shows du Far West, Mister President étant lui-même, dans cette discipline demandant un grand savoir, un showman d’une incroyable endurance.
Dernier épisode en date, lorsqu’en marge du World Economic Forum de Davos, où son discours fut d’une fantastique (im)pertinence, la question de l’origine des hématomes visibles sur ses mains se posa, il répondit qu’il s’était cogné à un coin de table et qu’il prenait un traitement destiné à fluidifier son sang. Fluidifier son sang probablement, mais sa pensée certainement pas, car il n’existe aucun médicament permettant à un bientôt octogénaire, d’acquérir un vocabulaire plus fourni que celui d’un adolescent, et surtout de ne pas raisonner systématiquement en mode binaire.
Comme beaucoup de ses contemporains occidentaux, Donald Trump prend quotidiennement de l’aspirine. Grand bien lui fasse, et d’une certaine manière, cette information tendrait à confirmer sa nature purement humaine. Là où Mister President démontre sa supériorité sur la médecine, c’est en s’autoprescrivant une dose quotidienne d’acide acétylsalicylique très largement supérieure à ce que préconise la communauté scientifique en matière de prévention du risque d’accident cardio-vasculaire. « On dit que l’aspirine fluidifie le sang et je ne veux pas que mon cœur pompe un sang épais », a-t-il déclaré lors d’un entretien publié par le Wall Street Journal.
Dont acte, POTUS aurait donc un cœur ! Chose difficile à croire, au regard de la manière cruelle et odieuse dont il traite ses adversaires, ainsi que tous ceux qui selon lui, aren’t making America great again. Ce n’est pas tant le sang, que le manque chronique de savoir-vivre et l’inculture crasse, qui chez lui sont épais. Mais il prend quotidiennement 325 mg d’aspirine, soit le dosage prescrit en première intention, lors d’apparition de douleurs thoraciques sévères, et non celui préconisé à titre préventif, qui lui est trois à quatre fois inférieur. Peut-être Mister President devrait-il s’inquiéter, du fait qu’en cas de nouvel attentat mieux ajusté, l’abus d’antiagrégants plaquettaires, pourrait palsambleu, lui jouer un très mauvais tour…

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