Les cartes aux Proche et Moyen Orient seront redistribuées
La chute du dictateur sanguinaire Bachar al-Assad aura de fortes conséquences pour toute la région. Le premier perdant ne sera pas la Russie, mais l'Iran.
Les protestations contre le régime al-Assad ne dataient pas d'hier. Maintenant, il faut voir la suite... Foto: Tim Simpson from Manchester, England / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 2.0
(KL) – L’Occident est aussi heureux que les Syriens ayant souffert sous un dictateur sanguinaire. Le régime de Bachar al-Assad est fini et le long règne de la famille al-Assad sur ce pays martyr est revolu. Très bien. Mais maintenant, les interprétations de la nouvelle situation ont commencé et chacun a sa propre lecture des conséquences. Les uns voient Poutine déjà en position de faiblesse, les autres comme Paris et Berlin annoncent déjà une future coopération avec les islamistes du HTS qui viennent de prendre le pouvoir, mais le premier perdant hormis al-Assad, est l’Iran dont « l’axe de résistance » contre Israël est en train de s’effondrer.
On ne saura probablement jamais si Poutine ne voulait ou ne pouvait pas venir en aide à Bachar al-Assad qui finalement, a trouvé un abri en Russie. Mais pour l’Iran, qui n’a jamais caché son objectif de détruire l’état d’Israël, la situation commence à se corser. Les partenaires de l’Iran qui sont le Hezbollah et le Hamas sont inopérationnels, puisque leurs leaders ont été éliminés par l’armée israélienne, les milices pro-iraniennes ne jouent plus de rôle en Syrie et à cela, il convient d’ajouter d’énormes problèmes des mollahs de maintenir leur régime autoritaire en Iran. Le fait qu’un nouveau projet de loi qui visait à punir lourdement les femmes qui refusent de porter le voile, a du être suspendue, de peur de déclencher de nouvelles émeutes en Iran, en dit long. Le régime des mollahs s’affaiblit et la colère de la population iranienne grandit. Ce serait le bon moment de soutenir les forces démocratiques en Iran comme le NCRI, qui propose un plan de 10 points pour instaurer la démocratie en Iran.
Ce n’est pas le moment de se moquer d’une prétendue faiblesse de la Russie. Le pays met toutes ses ressources dans la guerre contre l’Ukraine et la Syrie n’était qu’un sujet secondaire pour Moscou. Mais si jamais la Russie devrait réellement être affaiblie, cela ne serait pas forcément un bon signe pour la suite de la guerre en Ukraine – plus Poutine sera sous pression, plus il sera proche d’utiliser des armes nucléaires. Il est totalement illusoire de penser qu’un Poutine affaibli se mettrait à la table des négociations pour offrir à l’Ukraine une « juste paix ». Donc, ce n’est vraiment pas le moment pour des jubilations occidentales qui voient déjà la fin du règne Poutine arriver.
Israël, de son côté, a parfaitement raison d’attaquer ces derniers jours les entrepôts et usines d’armement syriens, pour éviter que ces stocks tombent entre les mains des nouveaux dirigeants de la Syrie. Le fait que l’armée israélienne ait pénétré dans la « zone tampon » à la frontière, est compréhensible – la situation aurait été pire si la milice HTS avait occupé cette zone.
En tout cas, comme ailleurs dans le monde, c’est le chaos dans le Proche et Moyen Orient et il est difficile de prévoir la suite. Si la chute d’un dictateur sanguinaire comme al-Assad est une très bonne chose, il faut attendre comment la situation évolue. A suivre…
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