Les enseignements des élections municipales

Ouf, la période de campagne électorale est enfin ! finie et cette campagne était clairement trop longue. Plus de six mois de campagne diluent les messages des candidats.

Ce sont ces bulletins qui auront fait la différence dimanche... Foto: Pascal Houssais / CC-BY 2.0

(KL) – A la fin de cette campagne à Strasbourg, seules les personnes directement impliquées, soit comme candidat, soit comme militant, suivaient encore cette campagne et participaient aux innombrables meetings qui eux, ressemblent de plus en plus aux shows électoraux à l’américaine. Ajoutez à cela les fusions surprenantes entre les deux tours, et on comprend de mieux en mieux la « fatigue électorale » des Strasbourgeois.

C’est donc Catherine Trautmann, soutenue à l’occasion par le macroniste Pierre Jakubowicz, qui remporte ces élections. La maire sortante Jeanne Barseghian avait visiblement sous-estimé la résilience des Strasbourgeois face à LFI et sa fusion avec la liste de Florian Kobryn ne lui a pas apporté la victoire escomptée. Le troisième candidat, le conservateur Jean-Philippe Vetter, est arrivé en troisième position, à quelques centaines de vote de Jeanne Barseghian, ce qui représente un bon score pour le outsider de cette élection.

Qu’est-ce qu’il changera alors pour les Strasbourgeois ? Catherine Trautmann promet une autre gouvernance, une place plus importante pour la voix des citoyens, mais quel vainqueur d’une élection ne promet pas ça ? Jeanne Barseghian l’avait promis, Roland Ries l’avait promis, Fabienne Keller l’avait promis. Mais n’importe l’appellation, par exemple comme « Conseil de Quartier », les citoyens n’avaient droit au chapitre qu’entre eux, mais ils ne pesaient aucunement sur les décisions de l’exécutif. Est-ce que cela changera sous Catherine Trautmann ?

L’ancienne et nouvelle maire de la ville reprend les reines dans une situation compliquée. La ville est très endettée, les caisses sont vides, le contexte national et international est tout sauf propice à une gestion sereine de la ville. C’est là que l’expérience de Catherine Trautmann, que ce soit au niveau local, régional, national et européen, peut faire la différence. A condition que certains de ses colistiers, qui ont déjà fait partie à plusieurs reprises de l’exécutif, principalement sous Roland Ries, suivent les consignes de la nouvelle maire et ne continuent pas de travailler comme à l’époque. Une mission critique pour Catherine Trautmann sera donc de contenir les ambitions personnelles de ceux qui n’auraient jamais retrouvé une place au Conseil Municipal sans l’aura et la dynamique de Catherine Trautmann.

Pour le reste, Catherine Trautmann a promis un vaste programme pour les 100 premiers jours de son mandat et déjà dans trois mois, on aura un premier aperçu de ce que ce nouveau mandat donnera.

A l’avenir, il serait souhaitable de raccourcir la durée de la campagne électorale, car plus de six mois, c’est trop long. Un exemple : en Côté d’Ivoire, les campagnes électorales ne durent que deux semaines, pendant lesquelles on peut coller des affiches, organiser des plateaux dans les médias et des meetings, ce qui fait que la courte durée de ces campagnes draine un maximum d’attention et oblige les candidats à être concis, à faire passer des messages clairs et de donner ainsi, un véritable choix aux électeurs et électrices.

Souhaitons donc beaucoup de succès à cette équipe de Catherine Trautmann – les Strasbourgeois méritent de se retrouver dans une situation plus consensuelle, idéalement dans le contexte d’une nouvelle gouvernance où effectivement, la voix des citoyens ne compte pas que pendant les semaines précédant une élection.

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