Les musulmans, premières victimes de l’islam radical
Une donnée essentielle, rarement prise en compte, car allant à l’encontre des manœuvres de basse politique.
Combien de musulmans, tués par des djihadistes en Afrique, n’ont pas de sépultures dignes ? Foto: Rusty Clark / Wikimedia Commons / CC-BY 2.0
(Jean-Marc Claus) – D’après une étude de l’institut étasunien « Pew Research Center » publiée en juin, l’islam fut de 2010 à 2020, la religion qui connut la plus forte croissance au monde. Ainsi, passant de 23,9% de la population mondiale à 25,6%, les musulmans talonnent les chrétiens qui ont glissé de 30,6% à 28,8%. Ils vivent très majoritairement dans les régions Asie – Pacifique, Moyen-Orient – Afrique du Nord et Afrique subsaharienne. Comme on oublie trop souvent de le dire, ils sont les premières cibles des islamistes. Ne pas prendre en compte cette donnée essentielle, et rester focalisé sur les conséquences de l’islam radical en occident, s’avère totalement contre-productif, car contribuant très largement au renforcement du communautarisme, qui par nature, s’oppose à toute intégration dans la République.
Une très large partie de l’Afrique est depuis des décennies très régulièrement sous la menace et l’emprise djihadistes. Or, les premières et plus nombreuses victimes de ce terrorisme sectaire, ne sont pas les occidentaux expatriés y vivant en général à l’abri, mais les populations locales ne bénéficiant d’aucune protection. Terrorisme sectaire, car une vision panoramique de l’islam, démontre très clairement que ses mouvances extrémistes sont le fait de minorités agissantes, dont la violence oblige une majorité de coreligionnaires au silence, pour une simple question de survie. Qui peut alors blâmer ces derniers, notamment depuis la France où durant la Seconde Guerre Mondiale, il y eut plus de silencieux et de collabos que de résistants ?
Demander aux musulmans occidentaux de se désolidariser des mouvements radicaux, revient à sous-entendre qu’ils en sont par nature solidaires, et donc constitue une essentialisation autant grossière qu’inacceptable. C’est tout aussi inepte que de demander à l’ensemble des catholiques français, de se désolidariser de la mouvance traditionaliste lefebvriste. Évidemment, ce qui différencie les courants sectaires catholiques, ou plus largement chrétiens, des islamistes radicaux, sont les multiples crimes contemporains de ces derniers. Mais là encore, une vision panoramique associée à une perspective historique, doit bien faire admettre que le christianisme a aussi beaucoup de sang sur les mains.
D’où l’absurdité des appels à une rechristianisation de la France, comme on l’entend dans certains milieux, car il suffit de regarder outre-Atlantique les dégâts produits par le vote évangélique. Or, aux USA, le vote communautariste n’est pas propre à une seule religion. C’est donc la laïcité, quand par chanceelle s’inscrit dans la Constitution, qui doit prévaloir en tous temps et en tous lieux. Ainsi est-il infiniment plus sensé, d’instruire nos concitoyens en matière de laïcité, que de s’enliser dans des conflits ethnico-religieux. La République est indivisible, laïque, démocratique et sociale, un point c‘est tout. Celles et ceux qui, une fois instruits de ces principes fondamentaux, ne conçoivent pas de s’y conformer, doivent dans les meilleurs délais gagner d’autres horizons, car ils n’ont pas leur place dans la République.
Un principe valable pour tout adepte, de quelque croyance que ce soit, et en tout lieu du territoire. Or, le chiffon du grand remplacement qu’agitent les nationalistes avec un indéniable succès, n’a pas tant la couleur verte de l’islam que celle brune du fascisme. Un fascisme qui sur un autre mode que la gauche hamas-compatible, copine avec l’islam radical, en par exemple lui fournissant les armes employées lors d’attentats. Au XXe siècle, il a de multiples fois été démontré, comment l’extrême droite sait instrumentaliser ceux qu’elle combat, pour mobiliser l’opinion publique en sa faveur.
Deux types d’extrémisme doivent sans relâche être dénoncés et combattus : les fondamentalismes religieux quels qu’ils soient et les jusqu’au-boutismes figurant de la droite à la gauche de l’arc politique. A y regarder de près, les tenants des puissances d’argent s’y entendent à merveille, pour glisser ces pions sur l’échiquier international, afin de capitaliser sur des luttes mortelles impliquant toujours des gens modestes, n’aspirant qu’à vivre en paix, pour une très large majorité…
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