Les pires excès de Pete Hegseth

La guerre, rien ne doit être plus stimulant pour ce quadragénaire, notamment lorsqu’il s’agit de faire rendre gorge à des infidèles.

« We the people » ou « Nous les people » ? Foto: US Secretary of Defense / Wikimedia Commons / PD US Military

(Jean-Marc Claus) – « Le pire n’est pas toujours sûr », écrivait le très catholique Paul Claudel, or avec un individu tel que le très « chrétien » Pete Hegseth, les limites du pire sont repoussées à l’infini. Magnifique monument d’une certaine crétinerie, que l’on pourrait penser singulière et caricaturale, mais malheureusement authentique et commune, ce « born again » est particulièrement borné.

Depuis janvier 2025 à la tête du United States Department of Defense (DoD), qualifiable par un executive order de Mister President de United States « Departement of War », Pete Hegseth est donc aussi United States Secretary of War. La guerre, rien ne doit être plus stimulant pour ce quadragénaire, ex-animateur de TV shows, comme le fut son vénéré patron Donald Trump. Guerre qu’il qualifie de sainte, notamment lorsqu’il s’agit de faire rendre gorge à des infidèles.

Digne descendant de l’Amérique pro-nazie des années trente, enduit d’un vernis biblique et biberonné à la Théologie de la Prospérité, Pete Hegseth est un néo-croisé. Ce qu’il affiche par des tatouages fièrement arborés, dont un « Deus Vult » (Dieu le veut) sur son biceps droit et une Croix de Jérusalem sur la partie supérieure droite de son thorax. Qualifié par ses supérieurs d’extrémiste à cause de cette croix, alors qu’il servait dans la Garde Nationale, il avait été exclu des cérémonies d’investiture de Joe Biden en 2021.

Expert dans le discours victimaire, comme les extrémistes de tous poils, il n’en demeure pas moins un christian warrior, pour qui le verset de l’Évangile selon Matthieu, disant : « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. » (Mt.10:34), est à prendre au pied de la lettre. Des paroles qu’il a symbolisé par une croix contenant une épée, tatouée sur son avant-bras droit. Le chrétien selon Pete Hegseth, est assurément un coupeur de têtes, du même tonneau que les djihadistes de l’État Islamique.

Dans sa première conférence de presse suivant le déclenchement de la guerre contre l’Iran, il a affirmé : « Plus de règles stupides de combat, plus de bourbier visant à construire une nation, pas un exercice de construction de démocratie ». En somme même la Loi du Talion, au demeurant cruelle, qui fut en son temps un progrès en matière de règles de la guerre, ne s’applique pas pour ce fanatique capable de faire siennes les paroles d’Arnaud Amaury lors du siège siège de Béziers en 1209 :« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

Lors de la conférence de presse, donnée Lundi de Pâques, pour relater le périlleux sauvetage des deux aviateurs étasuniens dont l’appareil avait été abattu en territoire iranien, la bigoterie crasse de Pete Hegseth, le disputait à la puérile mégalomanie de son patron. Seuls les responsables de l’armée et de la CIA, ont tenu des discours à la hauteur des enjeux.

Il renvoie des généraux déclarés incompétents, alors qu’en mars 2025, il échangeait des informations confidentielles dans une boucle de discussion Signal, où avait été invité par inadvertance le journaliste Jeffrey Goldberg. Dans le genre amateurisme, c’est du grand art ! Le 14 janvier 2005, lors de son audition au Sénat précédent sa nomination, il a brillé par son ignorance flamboyante et son minable masculinisme. Sa vie est un soap opera, et il n’a pas fini de défrayer la chronique des faits divers. Mais il ne faudrait surtout pas s’imaginer que ce genre d’individus n’existe qu’Outre-Atlantique. Nous avons les mêmes potentiels en Europe.

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