Leurre ou lueur d’espoir ?

L'entretien téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine était attendu par le monde entier. Mais en vue des informations qui arrivent des deux côtés, rien n'est fait.

Poutine a donc parlé avec Trump. Mais ses exigences sont impossibles à satisfaire. Foto: Kremlin.ru / Wikimedia Commons / CC-BY 4.0int

(KL) – Les résultats de cet entretien téléphonique entre les présidents américain et russe, sont plus que maigres. Il paraît que les USA et la Russie se soient mis d’accord sur un « mini-cessez-le-feu » de 30 jours, pendant lequel la Russie et l’Ukraine s’engageraient à ne pas attaquer les infrastructures énergétiques dans l’autre pays. Toutefois, l’Ukraine n’a pas encore accepté ce cessez-le-feu. Pour que ce processus puisse aller plus loin, la Russie a formulé des exigences qui semblent impossibles à satisfaire.

Pour parler de la paix, Poutine exige l’arrêt des aides occidentales à l’Ukraine, y compris les livraisons d’armes et la mise à disposition des informations des services des renseignements américains, et donc, l’arrêt immédiat du « réarmement » de l’Ukraine – ce qui est tout simplement impossible à accepter pour Kiev. L’Ukraine ne peut pas se dénuder militairement et ainsi permettre à Poutine de l’attaquer à nouveau à tout moment.

Poutine et Trump se sont également mis d’accord sur la création de « groupes d’experts » chargés de discuter des possibilités de mettre un terme à cette guerre. La composition de ces « groupes d’experts » n’est pas définie, mais il faut craindre que les Ukrainiens et les Européens ne soient pas conviés à participer aux travaux de ces groupes.

Pour Volodomyr Zelenskyi, c’était un mauvais jour hier, car il n’obtiendra la paix qu’à condition de remplir les exigences russes. L’Ukraine a de moins en moins d’options et pour l’instant, ne participe même pas aux consultations.

La paix semble pourtant impossible à obtenir. La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont annoncé vouloir poursuivre les livraisons d’armes à l’Ukraine, et donc, déjà la première exigence russe ne pourra pas être satisfaite. Poutine est un renard – en formulant cette exigence, il force la main à Zelenskyi et ses partenaires occidentaux à refuser des discussions sur la paix. Le reste, ce sera de la communication.

Poutine n’est pas pressé de conclure un « deal », Trump doit rapidement présenter un résultat après ses annonces grandiloques. Dans tout ce mic-mac politique, le monde semble oublier ce que les Ukrainiens endurent depuis trois ans. Des millions d’Ukrainiens attendent des solutions et la fin de cette guerre. Alors, quelle sera la suite ?

La seule petite lueur d’espoir réside dans le fait que Poutine et Trump aient au moins parlé. Mais cela ne veut pas encore dire grande chose, et Poutine est parfaitement conscient que tout dépend de lui. Comme pour souligner que ce soit Moscou qui décide, les attaques par drones et missiles sur l’Ukraine ont repris hier immédiatement après que les présidents avaient raccroché.

On en saura plus dans quelques jours ou quelques semaines. Hier, ce n’était que le premier round, d’autres rounds suivront, peut-être avec d’autres participants. Et Zelenskyi avait raison lorsqu’il a dit hier « ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée de pouvoir parler avec Monsieur Trump ce soir », car des « résultats » convenus entre Trump et Poutine, ne peuvent en aucun cas engager l’Ukraine. Cet entretien téléphonique n’était pas le premier pas vers un processus de paix pour l’Ukraine, mais c’était le début d’une nouvelle entente entre les USA et la Russie.

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