L’Union européenne désespère face à son insignifiance

Les Européens vivent très mal le fait d'avoir été exclu de la rencontre entre Trump et Poutine en Alaska. Pourtant, ce n'est que le résultat de la défaillance européenne depuis des années.

Il ne serait peut-être pas inutile que Kaja Kallas se pose la question pourquoi l'Europe ne représente plus de poids politique. Foto: Aurore Martignoni / European Union / Wikimedia Commons / CC-BY4.0int

(KL) – Aujourd’hui, la « ministre des affaires étrangères » européenne, Kaja Kallas, organise une vidéoconférence avec ses homologues des états-membres de l’UE. Le sujet de cette vidéoconférence : « La discussion de nos prochaines étapes ». Car à Bruxelles, on commence à se rendre compte que la suite de la guerre en Ukraine pourrait bel et bien se décider sans les Européens. Et cela n’est pas du au hasard.

Depuis le début de cette guerre en février 2022, les Européens n’ont jamais estimé nécessaire de développer une stratégie propre face à cette guerre. Il était plus facile de répéter les slogans de propagande que Zelenskyi diffuse tous les soirs, mais l’absence d’une stratégie fait qu’aujourd’hui, ni les Américains, ni les Russe pensent que la présence des Européens à la table des négociations, pourrait constituer une plus-value.

Mais on n’a pas l’impression que les Européens aient appris quoi que ce soit de leur défaillance depuis des années. Ainsi, Kaja Kallas ne fait rien d’autre que ce que font les Starmer, Macron et Merz, à savoir, répéter la propagande occidentale. Ainsi, Kallas a déclaré que « les États-Unis ont le pouvoir de forcer la Russie à des négociations sérieuses ». Ah bon ? Pourquoi alors Trump, qui avait promis de terminer cette guerre « dans les 24 heures », ne l’a pas fait depuis sont retour à la Maison Blanche au mois de janvier ? Et il ne suffit pas de déclarer que « tout accord entre les Etats-Unis et la Russie doit se faire en intégrant l’Ukraine et l’Europe ». Pour l’instant, il semble plutôt clair que les exigences de Zelenskyi ne seront pas pris en compte par la Russie et l’Europe n’a même pas d’exigences autres que « la Russie doit arrêter cette guerre ». Alors, en quoi la présence de Zelenskyi et des Européens constituerait une plus-value lors de ces entretiens ?

L’Europe paie maintenant sa négligence en ayant « omis » de mettre en œuvre une stratégie de sortie de cette guerre. Évidemment, les trois grand producteurs d’armes européens, la France, l’Allemagne et la Grande Bretagne ont assainie leur industrie de l’armement et vendent plus d’armes qu’avant – ce qui intéressait les responsables bien plus que la fin des combats en Ukraine. Mais que vaut une organisation continentale qui, au moment d’une guerre sur son continent, estime qu’il ne soit pas nécessaire de développer une stratégie pour mettre un terme à cette guerre ?

« Mais laissez-nous participer et laissez-nous être importants aussi ! », pleurnichent les Européens. N’ont-ils toujours pas compris pourquoi ils n’étaient pas non plus conviés aux réunions à Istanbul et à Riyad ? L’Europe en cette année de grâce 2025 n’est pas une « super-puissance », l’Europe ne sert pas à grande chose d’autre que de financer cette guerre pour la Russie, pour l’Ukraine et désormais aussi pour les USA, puisque les armes américaines à destination de l’Ukraine, seront désormais payées par les Européens. Et après, Bruxelles s’étonne de ne pas être invitée à ces négociations où les puissants du monde prépareront des décisions qui déplairont autant à l’Ukraine qu’à l’Europe. Si les Européens avaient voulu peser sur ce qu’il se passe en Ukraine, ils n’auraient pas du attendre trois ans et demi, une période pendant laquelle ils ont certes réalisé de jolis selfies à Kiev, sans pour autant fournir le moindre vrai effort pour stopper cette guerre.

Ce qui ne facilite pas la situation pour l’Europe, c’est que plusieurs pays membres de l’Union, se situent aujourd’hui du côté de la Russie et trahissent ouvertement l’Union européenne, comme la Hongrie ou la Slovaquie.

Cette rencontre en Alaska devrait être suivie attentivement à Bruxelles. Il serait utile qu’on y réfléchisse pourquoi l’Union européenne évolue aujourd’hui seulement dans la deuxième division des organisations continentales et mondiales. Une telle analyse des dysfonctionnements européens pourrait constituer une base pour faire mieux à l’avenir. Toutefois, comme on le voit actuellement, le monde n’attend pas que les Européens soient enfin opérationnels, l’Histoire s’écrit à son propre rythme et non pas à la vitesse escargot des Européens.

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