Make America Genuinely Adulterate !
Corrompu lui-même jusqu’à la moelle, Mister President ne rend pas sa grandeur à l’Amérique, mais la corrompt véritablement, en entretenant des relations cordiales avec des dictateurs.
Make America not Great Again but Genuinely Adulterate ! Kremlin.ru / Wikimedia Commons / CC-BY 4.0int
(Jean-Marc Claus) – L’enquête journalistique de Maggie Haberman et Jonathan Swan intitulée « Regime Change », dédiée au second mandat de Donald Trump, faisait il y a peu la une de beaucoup de médias. Ainsi n’est-il pas inintéressant de se (re)pencher sur certains éléments, déjà documentés par Michael Wolff, dans « Fire and Fury – Inside the Trump White House », ouvrage relatant la première année du premier mandat trumpien. Notamment son septième chapitre, concernant la Russie, la publication de cet ouvrage en 2018, étant alors à équidistance de l’annexion de la Crimée et de l’offensive contre l’Ukraine.
Face à un Vladimir Poutine s’attelant à faire renaître la puissance russe, ainsi qu’à accroître sa zone d’influence, la faiblesse de la réponse étasunienne sous gouvernance trumpiste, non seulement interrogeait déjà, mais donnait lieu à une conclusion évidente. A savoir : « Le refus de Trump de considérer Poutine comme un quasi hors-la-loi – sans parler de ce qui semblait souvent être un véritable coup de cœur de sa part pour lui – signifiait, ipso facto, que Trump voyait d’un bon œil le retour de la puissance russe et pourrait même le favoriser. ».
D’où l’élaboration de cinq hypothèses, parfaitement combinables entre elles. La première met l’accent sur la fascination de Donald Trump pour les hommes forts. La seconde le voit partie prenante d’intérêts et d’affaires internationales, alimentés par des flots d’argent douteux de provenance Russe et Chinoise. Pour la troisième, Trump et les Russes, dont peut-être Poutine lui-même, se seraient ligués en 2016, pour pirater le Democratic National Committee. La quatrième revient sur le star-fucking, pratiqué allègrement par Trump, l’ayant conduit à exporter ses concours de beauté en Russie, où il espérait naïvement faire de Poutine un ami. Enfin, la cinquième hypothèse, suppose un chantage russe exercé sur Trump, grâce à des documents compromettants (kompromat).
Faisant référence au thriller politique-fiction de Richard Condon, publié en 1959, Michael Wolff qualifiait alors Trump de « Manchurian Candidate ». Adapté à deux reprises au cinéma, ce roman rapporte le parcours d’un fils de famille américaine, victime d’un lavage de cerveau orchestré par un complot communiste, le transformant en assassin à son insu. Donald Trump, objet d’un lavage de cerveau : rien de plus facile, quand il s’agit d’un individu fruste, ne lisant pas et dont les facultés intellectuelles sont totalement assujetties à une consommation continuelle de TV Shows et d’Infox.
Dans le quatorzième chapitre, intitulé « Situation Room », on peut lire : « Since taking office, the president had been developping an intuitive national security view : keep as many despots who might otherwise screw you as happy as possible.». Contenter le plus grand nombre possible de despotes, susceptibles de vous causer des ennuis, ou dit d’une manière plus cavalière dans la version française des éditions Robert Laffont, « de despotes qui, dans le cas contraire, vous baiseraient ». Le très trumpien Board of Peace créé à l’automne 2025, prend sous cet angle, une coloration particulière, qui n’est pas le blanc de la paix, mais le jaune-vert associant lâcheté et dieu dollar.
MAGA ne signifie pas Make America Great Again, mais Make America Genuinely Adulterate. Incroyablement inculte et épouvantablement imbu de sa petite personne, se compromettant avec un maximum de dictateurs, cet autoproclamé strong man, est en réalité d’une infinie veulerie. Comme le démontre l’issue du conflit qu’il a provoqué avec l’Iran, la formule TACO (Trump Always Chickens Out), est aujourd’hui plus que jamais d’actualité.

Version Originale : Éd. Henry Holt Company – 2018 – ISBN : 978-1 250-15806-2 – 322 pg – Printed in USA – 30 US$
Version Française : Éd. Robert Laffont – 2018 – ISBN : 978-2-221-21836-5 – 370 pg – Imprimé en France – 20 € – Traduction par Isabelle Chelley, Nikki Copper, Michel Faure et Valérie Le Plouhinec
Kommentar hinterlassen