Make America Red Again

Le rougeole revient en force depuis peu aux USA, alors qu’éradiquée depuis un quart de siècle.

Un virus qui n’est pas celui d’une maladie bénigne. Foto: NIAID / Wikimedia Commons / PD US NIH NIAID

(Jean-Marc Claus) – Des maladies nouvelles très contagieuses, dont la rougeole, débarquèrent aux Amériques avec les Européens lors de la Conquista. Résultat : une hécatombe provoquée par la tueuse d’enfants, qui associée à la variole et au typhus, décima les populations amérindiennes. Aujourd’hui, nous assistons aux USA, à une recrudescence de cas de rougeole, qui au début du XXe siècle, soit avant la création de son vaccin en 1963, engendrait de très graves complications chez les personnes touchées, pouvant aller jusqu’à en mourir.

Si une augmentation préoccupante de cas est observée sur le continent européen depuis 2023, aux USA, le stade de la préoccupation est largement dépassé. La dernière épidémie de rougeole remonte à 1992, et durant le dernier quart du XXIe siècle, la couverture vaccinale s’est lentement réduite. L’arrivée au pouvoir de vaccino-sceptiques, tels que l’actuel ministre de la santé Robert Kennedy Jr., ne font que contribuer à l’accélération du processus. Mais le ver était dans le fruit, bien avant la nomination à un poste clé, de cet anti-science patenté.

Il faut à ce propos se souvenir du premier mandat de Donald Trump, et de ses préconisations sanitaires hallucinantes, concernant la pandémie de Covid-19 ! Les scientifiques s’accordent à dire que pour la rougeole, une couverture vaccinale inférieure à 95% est insuffisante. Alors, quand dans des secteurs comme le comté de Gaines au Texas, elle tombe à 82%, il ne faut pas s’étonner que la maladie non seulement s’y développe, mais aussi gagne du terrain tout autour. Même si sans être aussi faible, la couverture vaccinale de la population avoisinante y est supérieure, sans pour autant atteindre les 95% requis.

Ces raisonnements logiques, compréhensibles pour des enfants de l’école primaire, seraient-ils d’un trop haut niveau pour l’Administration Trump ? Les anti-science et les antivax, ne sont pas forcément (tous) des idiots, mais la majorité d’entre eux se réfère à une idéologie basée sur la croyance. Or, la science se trouve à l’exact opposé de cette démarche reposant sur la foi. Dans un pays comme les USA, où il est imposé très peu de limites aux religions, où le président s’imagine au bénéfice d’une onction divine, la couverture rationnelle se réduit forcément de jour en jour.

En Caroline du Sud, État qui n’est pas voisin du Texas, une flambée de cas de rougeole a été observée à l’occasion des mouvements de population dus à la fête de Thanksgiving. « God bless America ! » serait-on tenté d’ironiser, si cela ne concernait pas essentiellement des enfants que leurs parents mettent en danger en ne les faisant pas vacciner. Selon le Department of Public Health (DPH), en Caroline du Sud, le taux d’élèves vaccinés, est passé de 96% en 2020 à 93,25% en 2025. Il a donc, pour que la maladie réapparaisse et se répande, juste suffit d’une baisse inférieure à 2% des au moins 95% requis pour une couverture vaccinale efficace.

Les fêtes de fin d’année et leur préparations, vont assurément favoriser la propagation du morbillivirus hominis. A moins que les conséquences économiques du new deal trumpien, s’avérant désastreuses pour les ménages modestes, une majorité d’Étasuniens restent chez eux. Mais les livraisons à domicile ne mettent pas pour autant à l’abri, car le virus qui se transmet par gouttelettes de salive, survit environ deux heures sur les surfaces inertes. De plus, la période de contagion de la maladie, va de quatre jours avant à quatre jours après l’éruption cutanée significative, et une personne infectée peut en contaminer quinze à vingt autres personnes.

A défaut de Make America Great Again, Donald Trump et ses sinistres ministres, vont Make America Red Again. Une sorte de retour de manivelle de la colonisation des Amériques, où un vieux virus contre lequel existe aujourd’hui un vaccin efficace, va semer la mort suite à des décisions insensées, prises par des irresponsables se basant plus sur leurs croyances que sur la science.

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