Même le 1er Mai n’est plus pareil…

A un moment où les gouvernements tentent d'opérer des coupes brutales dans les systèmes sociaux, les manifestations du 1er Mai se déroulent dans une autre ambiance que dans le passé.

Le 1er Mai, les syndicats tentent de sauver les systèmes sociaux... Foto: Eurojournalist(e) / CC-BY 2.0

(KL) – Il fut un temps où les marches du 1er Mai se sont déroulées de manière bon enfant, les syndicats mobilisaient leurs adhérents qui venaient avec les enfants, le casse-croûte et de la bonne humeur. Mais ça, c’est le passé. Aujourd’hui, le 1er Mai, de grands contingents de policiers doivent fermer l’accès au centre-ville et les marches ne sont plus des marches, mais des manifestations tendues.

Évidemment, à un moment où de nombreux gouvernements opèrent des coupes graves dans les systèmes sociaux pour financer les guerres, les syndicats représentent une voix des plus importantes. Que ce soit en France ou en Allemagne, le service public est en péril, les systèmes de santé sont nivelés vers le bas, et une poignée de grands entrepreneurs profitent de ce que leurs soutiens politiques appellent « l’économie de guerre ».

Sommes-nous en guerre ? Sommes-nous vraiment menacés par la Russie ? Est-ce que la Russie est vraiment sur le point de s’attaquer à l’Europe Occidentale ou à l’OTAN ? A croire nos politiques, la Russie nous attaquera, attaquera l’OTAN, nous bombardera et ce, malgré le fait que la force militaire de la Russie ne suffit même pas pour conquérir en quatre ans et demi l’intégralité du Donbass en Ukraine. Avec quelle armée, la Russie attaquerait donc l’Europe ? Mais après des années de discours alarmant, nos populations craignent une telle intervention russe et acceptent qu’on détruise les acquis sociaux pour enrichir ce qu’on a appelé jadis « le complexe militaire-industriel », tout comme lors des dernières guerres mondiales.

Il est donc normal que les manifestations du 1er Mai se déroulent sous une tension accrue, même si d’autres manifestations du 1er Mai se sont passées sympathiquement. Et, positif, il y avait des pancartes qui réclamaient la paix. Étonnant, car la paix ne figure généralement plus sur la liste des postulats politiques.

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