Mentir ne coûte quasiment plus rien…
...et ça peut même rapporter gros.
Si seulement la fable pouvait se cogner au réel... Foto: Dave Herholz / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 2.0
(Jean-Marc Claus) – Cela a commencé bien longtemps avant notre époque. Dans la Genèse le « Est-il vrai que Dieu a dit : Vous ne mangerez rien de tous les arbres du jardin ? », suivi du « Non, vous ne mourrez point : mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux seront dessillés, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal. », sont particulièrement parlants, en des temps où le mensonge devient une arme politique de persuasion massive. Induire le doute, en entrant par effraction dans l’esprit de ceux qui ne demandent rien à personne, puis énoncer une contre-vérité, sur un mode rebelle voire même messianique : la méthode est vieille comme le monde.
Dans « La crise de la culture », Hannah Arendt écrivait au siècle dernier,« Les mensonges ont toujours été considérés comme des outils nécessaires et légitimes, non seulement du métier de politicien ou de démagogue, mais aussi de celui d’homme d’État.». Plus loin, elle ajoutait que « [...] les mensonges, puisqu’ils sont souvent utilisés comme des substituts de moyens plus violents, peuvent aisément être considérés comme des instruments relativement inoffensifs dans l’arsenal de l’action politique ». Ayant bien connu, au temps de l’Allemagne nazie, le mensonge et ses conséquences, on ne peut pas la qualifier de perdrix de l’année. Mais il ne serait guère surprenant, qu’entendant aujourd’hui le discours de nos politiques, elle revienne quelque peu sur le caractère « relativement inoffensif » du mensonge.
La tactique serpentine antédiluvienne, associée au poison complotiste actuel, portent au pouvoir des extrémistes de tout poil, et il se pourrait bien que nous ne soyons qu’au début d’un phénomène qui en vienne à embraser la planète dans son entièreté. Bien sûr, des politiques honnêtes, il y en a, et pour faire écho à la fameuse réplique de Jean Gabin dans « Le Président », ça serait injuste de les considérer comme la minorité du genre. Le problème réside dans le simple fait que le mensonge a bien plus d’attraits que la vérité. Surtout quand ceux qui se l’approprient, cultivent l’élito-populisme, néologisme qualifiant les « Nous sachons », « Faites vos propres recherches » et autres adeptes de fumisteries autosuffisantes de ce type.
Cette tendance à s’autoproclamer fièrement détenteur de la vérité, alors qu’on a la tête farcie de mensonges, procède de l’endoctrinement sectaire. Ainsi n’est-il alors pas étonnant, que de l’extrême droite à l’extrême gauche, religion et politique fassent si bon ménage. Bon ménage pour engendrer des monstres comme par exemple, La Flottille (prétendue) de la Liberté pour Gaza, alors qu’elle est soutenue par les pires liberticides, ou bien La Manif (annoncée) Pour Tous, mais dont l’ostracisme forcené conduit au grand écart intellectuel jusqu’à l’écartèlement sémantique. Les mensonges débités à longueur de journée par des politiques de tous bords, sont quasiment sans conséquences sur leurs carrières. Pire encore, ils peuvent les booster d’une manière extraordinaire.
Rares sont ceux que leur notoriété a placé au centre de la piste du grand cirque politico-médiatique, qui payent effectivement le prix de leurs erreurs de jugement, de leurs omissions et de leurs mensonges. Or, c’est justement ce qui explique la désaffection de beaucoup de nos concitoyens pour la chose politique, ainsi que la contamination de leur pensée par un « Tous pourris ! », s’opposant radicalement à toute analyse objective. On en vient à un tel degré d’intoxication des masses que les partis, dont l’absence d’intégrité des principaux leaders est avérée, recueillent le maximum d’intentions de vote. Il est grand temps, que tous ces Pinocchios se cassent le nez, avant qu’ils deviennent des Pinochet…
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