Midterms – stop or again ?
La défaite annoncée de Donald Trump aux « midterms », n’est en rien assurée, car une fois arrivés au pouvoir, les fascistes réussissent (trop) souvent à se rendre (trop) longtemps indéboulonnables.
(Jean-Marc Claus) – Le rendrez-vous électoral des midterms étasuniennes, sera assurément celui de tous les danger, et il serait bien naïf de croire que le gang de Donald Trump va se laisser facilement déposséder du pouvoir. Plusieurs commentateurs de renom tirent dès à présent la sonnette d’alarme. S’il est déjà peu probable que les Démocrates remportent la majorité au Sénat, même s’ils auront plus de chances à la Chambre des Représentants, ça reste sans garanties.
Quant à la question d’une éventuelle machine anti-Trump qui serait déjà en marche, Tristan Dessert, journaliste à la Radio Télévision Suisse, fait quasiment une réponse de Normand en disant : « Il faudra voir ce que ça donne… ». La machine pro-Trump, bien rodée par des années de préparation et de pratique depuis 2016, risque de s’avérer plus efficace. Le fascistes n’arrivent pas au pouvoir par accident, et qu’ils s’en emparent par un coup d’État ou via des processus électoraux, ils s’appliquent à se rendre indéboulonnables.
Quand d’aventure ils sont défaits, ça se passe toujours très mal. L’attaque sauvage contre le Capitole du 6 janvier 2021, suite aux jérémiades trumpesques « They have stolen our election », en témoigne aussi éloquemment que la tentative de putsch bolsonaresque du 8 janvier 2023 au Brésil. Mais avant cela, comme nous pouvons l’observer actuellement aux USA, les fascistes remodèlent la société et font voter des lois scélérates. Ce qui conduit un Donald Trump ne doutant de rien, à dire tranquillement qu’il est temps de changer les règles des midterms. Mieux encore, cet autoproclamé peacemaker, laisse planer le doute sur l’éventualité d’un troisième mandat, alors que la Constitution s’y oppose.
Rien d’étonnant pour un individu répondant benoîtement « I dont know ; I’m not a lawyer. » à la journaliste Kristen Welker, lorsqu’il lui est demandé s’il doit, à propos des ressortissants étrangers, respecter la Constitution. Il n’est certes pas « lawyer », car pour cela il lui aurait fallu faire des études, mais un « liar » de la pire espèce, usant en permanence du mensonge, ce pour quoi il n’est pas nécessaire d’être instruit. Par ailleurs, ce qu’on nomme en France tripatouillage ou charcutage électoral, existe aussi aux USA sous le nom de « gerrymandering », en référence au gouverneur Eldridge Thomas Gerry qui fut accusé d’avoir redécoupé la circonscription d’un comté, afin d’y favoriser son parti en amont des élections présidentielles de 1812.
Cette pratique, bien qu’encadrée par des lois, permet tout bonnement d’augmenter les chances de gagner des sièges, quitte à fabriquer des circonscriptions aux contours biscornus. Délimitées tous les dix ans après recensement, les circonscriptions sont censées représenter l’électorat qu’elles regroupent, mais des redécoupages sont possibles entre-temps. Et les Républicains sont à la manœuvre depuis 2021. Viktor Orbán, de qui Donald Trump comptait bien s’inspirer en cas de réélection en 2024, maîtrise parfaitement cette technique d’optimisation électorale. Alors pourquoi le prétendu new-Cyrus, en réalité néo-Néron, s’en priverait-il ?

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