Niederschaeffolsheim. La vie. La vraie. (23)

Garde-champêtre et appariteur, des fonctions d’un autre temps, mais des hommes au service de leurs concitoyens.

Un personnage important, officiant au sein de la communauté villageoise. Foto: JM Claus / CC-BY 2.0

(Jean-Marc Claus) – Cet été, en apposant à sa maison natale une plaque commémorative, la Municipalité de Niederschaeffolsheim a rendu hommage à Auguste Lanoix qui de 1960 à 1980, fut l’avant-dernier garde-champêtre et appariteur de la commune. Cette fonction fut ensuite encore assurée pendant dix ans par René Kreuther. Personnages importants dans la commune, ces hommes étaient en quelque sorte les couteaux suisses de la mairie, comme l’explique Joseph Lanoix, fils d’Auguste et aujourd’hui domicilié avec son épouse Yolande à la maison familiale.

Initialement, Auguste Lanoix faisait partie de la constellation des petits agriculteurs, qui grâce aux revenus de leurs fermes, assuraient la subsistance de leurs familles. Il l’est en quelque sorte resté jusqu’à la fin de sa vie, mais saisissant en 1960 l’opportunité d’un mi-temps de cantonnier et grade-champêtre, il bénéficia d’une certaine manière de l’ascenseur social. Ce qui ne lui fit pas pour autant avoir le melon et enfler les chevilles, car il resta humble et proche de ses concitoyens, même quant à ses fonctions s’ajouta celle d’appariteur.

Porter le képi et parcourir le village, en attirant l’attention des habitants par la sonnerie de sa cloche, pour annoncer les publications de la mairie, n’était que la partie émergée de l’iceberg de ses multiples fonctions. Vêtu le plus souvent d’un bleu de travail que d’un veston, il était en charge du balayage de la voirie et en hiver, du déneigement-salage des abords des édifices publics. Ce qui signifiait notamment rendre l’église accessible à six heures pour la messe quotidienne. L’allumage du poêle de la salle d’école sise à la mairie, relevait aussi de ses fonctions et il devait bien sûr également fendre et stocker le bois de chauffage. 

Auguste Lanoix - vingt années au service de l’intérêt général. Foto: Christophe Fuchs, Mairie de Niederschaeffolsheim / CC-BY 2.0

Auguste Lanoix – vingt années au service de l’intérêt général. Foto: Christophe Fuchs, Mairie de Niederschaeffolsheim / CC-BY 2.0

Joseph Lanoix a de multiples souvenirs d’accompagnement de son père dans ses nombreuses tâches quotidiennes, dont le remblaiement des nids de poules, le balayage de la cour de l’école, le remontage quotidien des poids du mécanisme de l’horloge de l’église. Le changement des ampoules de l’éclairage public était un exercice périlleux, qui nécessitait le recours au prêt d’échelles par des particuliers, car la commune courrait parfois un peu derrière le progrès. Également sapeur-pompier volontaire, Auguste Lanoix a transmis à son fils le sens du service public, car il a pris la relève en intégrant le corps local.

Représentant de l’État, il était chargé de missions officielles lors des élections, mais devait aussi, aux côtés du maire, assurer la police dans la commune. Une mission prise très au sérieux, mais toujours dans la recherche de la conciliation, plutôt que par l’affrontement et le rapport de force. Qu’il s’agisse de querelles de voisinage, ou différends entre agriculteurs, un problème ne pouvait rester sans solution, car la cohésion de la communauté villageoise en aurait pâti.

Situations délicates, les rappels pour impayés des factures d’eau et d’électricité avant intervention d’huissier, incombaient également à Auguste Lanoix. Une mission dont il s’acquittait dans la plus grande discrétion, et par conséquent avec succès. Mais parfois, il devait faire preuve de fermeté plus que de diplomatie, notamment lorsque sa présence était requise pour maintenir l’ordre dans les cours du soir (Nachtschule) dispensés à l’école aux jeunes adultes. C’est là que, sans porter pour autant d’uniforme, il faisait aussi figure d’autorité.

René Kreuther a pris la suite en 1980, pour occuper le poste jusqu’en 1990. Beaucoup de villageois se souviennent notamment de ses sonneries de cloche vigoureuses et de ses déclamations en alsacien des annonces municipales. Personnage également apprécié par ses concitoyens, il incarna la fin d’une époque. Une page de l’histoire de la commune s’est tournée avec son départ à la retraite, mais un mannequin aimablement prêté par Gilles Nonnenmacher et installé au secrétariat de la mairie, permet d’en conserver le souvenir.

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