Niederschaeffolsheim. La vie. La vraie. (27)

Dans une semaine, les Niederschaeffolsheimoi(se)s éliront leur nouveau Conseil Municipal.

Wahltag in Schaffelse... Foto: Jérémy-Günther-Heinz-Jähnick / Wikimedia Commons / GNU 1.2

(Jean-Marc Claus) – Dimanche prochain, les 1.170 citoyen(ne)s niederschaeffolsheimoi(se)s inscrit(e)s sur les listes électorales de la commune, seront invité(e)s à élire leur nouveau Conseil Municipal. Un scrutin à deux tours, qui localement n’en aura très probablement qu’un, car avec seulement deux listes en concurrence, sauf obtention étonnante du même nombre de voix, l’une d’elle aura logiquement la majorité absolue.

S’il n’y a guère de suspense quant à un éventuel second tour, les spéculations vont néanmoins bon train. La liste conduite par le maire sortant Brigitte Steinmetz se présentant avec une équipe très largement renouvelée, et celle constituée par Tom Paulus, réunissent toutes deux des personnes aux profils intéressants. Malheureusement, un scrutin de listes interdit tout panachage. Ce qui, dans un village de la taille de Niederschaeffolsheim, ne favorise tout simplement pas la démocratie locale.

Les colistiers sont tous assez facilement accessibles. Certains ont un engagement associatif, apprécié par leurs concitoyens. En somme, beaucoup sont connus et reconnus, les autres gagnant à l’être également. Donc, à moins d’avoir à se prononcer sur deux projets diamétralement opposés, ce qui en l’espèce n’est pas le cas, malgré des divergences de vues sur certains sujets, ne pas pouvoir par panachage des listes, obliger les élus à s’écouter et à écouter leurs électeurs, ne favorise pas l’expression et la pratique de la démocratie.

Autre ombre au tableau, le mode de scrutin n’est pas véritablement proportionnel, même si le mot figure dans son intitulé. Ainsi, dans le cas de Niederschaeffolsheim (sauf égalité stricte du nombre de suffrages exprimés obligeant à la tenue d’un second tour avec les mêmes règles), une des deux listes obtiendra dès le 15 mars la moitié des sièges arrondie à l’entier supérieur, soit 8 sur 15. Quant aux 7 sièges restants, ils seront répartis entre les deux listes (ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés selon tes textes). Une répartition proportionnelle aux résultats, ayant pour effet que les gagnants passeront deux fois à la caisse, et que les perdants seront doublement perdants.

La simulation présentée dans la vidéo très explicite, réalisée par l’Association des Maires de France (AMF), donne l’exemple d’une petite commune où deux listes sont en concurrence pour 11 sièges à pourvoir. La liste majoritaire obtenant près de 74% des voix, se retrouve après calcul avec 10 sièges soit près de 91%. Ceci signifiant que plus d’un quart des électeurs s’étant exprimés, sont représentés au Conseil Municipal par moins de 10% des élus. Il n’y a alors de proportionnelle, que dans les éléments de langage savamment choisis, pour nommer cette votation.

Pour mémoire, lors de scrutin de 2014, la liste du maire sortant Fernand Vierling, avait obtenu 86,7% de sièges (13/15), avec 66,1% des suffrages exprimés, et la liste alternative conduite par Hervé Hertzog se retrouvait avec 13,3% des sièges (2/15), alors qu’elle avait récolté 33,9% des suffrages exprimés. En 2020, c’est la liste alternative conduite par Brigitte Steinmetz, qui avec 57,8% des suffrages exprimés, a obtenu 80% des sièges (12/15), alors que la liste conduite par le maire sortant Fernand Vierling, qui avait récolté 42,2% des suffrages exprimés, se voyait attribués 20% des sièges (3/15).

La règle de calcul ne changeant pas, il sera nécessaire de « soigner l’après », car le Conseil Municipal qui sortira de cette consultation électorale, ne sera pas l’expression proportionnelle de la volonté des citoyens s’étant rendus aux urnes. Tous les candidats doivent garder cela en tête, car l’impossibilité de panacher les listes, provoque une première entrave à l’expression de la démocratie, ensuite la méthode de répartition des sièges, ne retranscrit pas la réalité du vote des citoyens. Ainsi, les gagnants, quels qu’ils soient, feront bien d’avoir le triomphe modeste, et surtout de se monter capables de tendre la main aux perdants, afin de se soucier prioritairement et de concert, des besoins réels de leurs administrés, pour toute la durée de leurs mandats.

Phénomène concomitant dont on se passerait, deux pages facebook (Niederschaeffolsheim  & Niederschaeffolsheim Habitants), dont les modérateurs ne sont pas mentionnés et produisant des publications sans auteurs identifiés, se sont invitées dans la campagne. Ce qui, même partant d’une éventuelle bonne intention, manque cruellement d’éthique. En s’exprimant publiquement, chacun est comptable de ce qu’il dit et écrit. Loin de favoriser la paix civile, l’expression publique en mode lettre anonyme, est plus source de défiance et de discorde que de concorde et de confiance.

Alors, pour que le 15 mars 2026, et surtout les jours suivants, la vie publique à Niederschaeffolsheim, ne se transforme pas en western spaghetti permanent, ou en Clochemerle à multiples rebondissements, toutes et tous devront faire preuve de beaucoup d’intelligence du cœur. Ce qui est le plus sincère et le meilleur des vœux, que l’on puisse formuler à une semaine du scrutin, et surtout pour les années à venir…

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