No more conversion practices in UE
Les thérapies dites de conversion seront bientôt interdites dans l’Union Européenne. Il est grand temps !
La haine envers soi-même n’est pas une thérapie, et la haine envers autrui procède bien d’idéologies. Foto: Daniel Tobias / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 2.0
(Jean-Marc Claus) – Suite à une initiative citoyenne lancée par l’association « Against Conversion Therapy » (ACT), ayant recueilli plus d’un million de signatures en 2024-2025, le 29 avril dernier, le Parlement Européen adoptait une résolution en vue d’interdire les thérapies dites de conversion. Mais ce vote majoritairement pour (405 vs 107) ne doit pas faire oublier les contre et les abstentionnistes, dont certains sont en France aux portes du pouvoir. Pour des leaders de la droite et de l’extrême droite, l’homosexualité est au pire un vice, et au moins pire, ils n’ont pas d’avis sur le sujet.
Un vice, pour satisfaire les plus bas instincts, des électeurs et militants bas de plafond. Une absence d’avis, pour ne pas choquer les électeurs et militants moins radicaux, mais pas forcément plus éclairés. Ainsi compte-t-on au nombre des contre Marion Maréchal (IDL), Nicolas Bey (IDL), Laurence Trochu (IDL), François-Xavier Bellamy (LR), et des abstentionnistes Mathilde Androuët (RN), Sarah Knafo (Reconquête) et Jordan Bardella (RN). Que dire de ces politiques, refusant de s’opposer à ce que l’Organisation des Nations Unies considère comme des actes de torture ?
Que l’ONU n’a à leurs yeux, pas plus de valeur qu’elle en a aux yeux de Donald Trump ? Un alignement qui semblerait logique. Leur encombrant allié étasunien est passé en un quart de siècle, d’un certain progressisme envers les minorités sexuelles, à la détestation du « Pride Flag ». Mais il entretient de cordiales relations avec les « A-Gays », c’est-à-dire ceux qui ayant des places importantes dans son administration, sont fiers de travailler pour lui, et exercent leur influence dans différents lieux de pouvoir.
En somme, pour qui a de l’argent et soutient le pouvoir trumpiste, ses préférences et pratiques sexuelles sont acceptables (cf les Epstein Files). Par contre, qui n’est pas fortuné et/ou s’oppose à la transformation des USA en Trumpistan, devient un dégénéré wokiste potentiellement terroriste. Il ne faudrait surtout pas s’imaginer qu’en Europe, et notamment en France, il en soit autrement en cas de victoire du RN-ex-FN aux élections présidentielles et législatives de 2027.
La Hongrie, jusqu’il y a peu Orbánistan, était en stigmatisant et marginalisant les personnes LGBTQIA+, devenue un pays violant allègrement le droit européen. Or, Viktor Orbán fut pour Marine Le Pen un « dirigeant d’exception » (sic), dont elle portait au pinacle « l’intelligence, le courage et la vision » (re-sic). La bardellienne marionnette, creuse par nature, n’en dit pas moins de bien. Et si la répression envers les minorités sexuelles pourrait, avec le RN-ex-FN au pouvoir, être moins bruyante, elle ne sera pas moins effective, car il y a bien un électorat à satisfaire.
Un électorat comptant bon nombre de culs-bénits et tartuffes, de différentes chapelles et affiliés aux trois monothéismes. La radicalité haineuse se doit de ratisser large, car l’humanisme est son pire ennemi. Or, les thérapies dites de conversion, dont la branche évangélique du christianisme est aux Amériques une grande championne, a de l’Humanité une définition très restrictive. Dans le Nouveaux Monde habité de vieux démons, l’humilité orgueilleuse de beaucoup d’évangéliques, les conduit à considérer les homosexuels comme des alter pas tout à fait ego.
Il y a tout lieu de penser qu’à un remake de l’expérience de Milgram, beaucoup (trop) de croyants de toutes tendances confondues, seraient, obéissant à leurs dogmes, prêts a faire souffrir leurs frères humains « pour leur bien ». Pourtant le web ne manque pas de témoignages terrifiants et éloquents de personnes ayant été soumises à des thérapies de conversion. Mais comme le dit très justement le proverbe, on ne saurait faire boire un âne qui n’a pas soif, y compris l’ânesse de Balaam !
La Commission Européenne doit d’ici le 17 mai, proposer un texte relatif à l’interdiction des thérapies dites de conversion dans l’Union Européenne. Pour mémoire, en 2018, le Parlement Européen s’était prononcé favorablement sur un rapport, ainsi qu’un amendement appelant les États membres, à interdire ces thérapies. Ce qui fut fait en France en 2022. Mais en 2018, les eurodéputés français issus de l’extrême droite avaient voté contre et une large majorité de leurs collègues issus de LR (Les Républicains) s’étaient abstenus.
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