Paris 2024 – Les chiffres de la honte
Ces jeux olympiques auront évidemment profité à des entreprises, et donc à des salariés, mais les perdants lors de ces grands événements, sont encore et toujours les mêmes...
Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ne jettent pas un voile que sur certains édifices... Foto: Like tears in rain / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int
(Jean-Marc Claus) – Selon le rapport du collectif « Le Revers de la Médaille », 12.545 personnes en situation de précarité ont été expulsées d’Île-de-France d’avril 2023 à mai 2024. Un « nettoyage social » débuté bien avant, car de 2022 à 2023, ce sont 12.769 personnes qui ont été déplacées et 9.048 de 2021 à 2022, soit un total de 34.362. Ce qui représente un peu moins que la population de Haguenau, quatrième ville d’Alsace et un peu pus que celle de Schiltigheim, seconde ville de l’Eurométropole.
Il s’agit bien sûr, selon les éléments de langage soigneusement choisis, de « mises à l’abri » et non de rafles. En clair, les indésirables bénéficient d’une mise au vert en province, et cela se fit en catimini, les autorités jurant la main sur le cœur, que tout ça n’a ab-so-lu-ment rien à voir avec les Jeux Olympiques. Au mois de mars, La Dépêche rapportait les propos de Floriane Varieras, adjointe au maire de Strasbourg, qui déplorait le manque de concertation et l’absence de moyens supplémentaires.
Il fallait que pour ces jeux à la gloire d’Emmanuel Macron, la Ville Lumière soit rendue propre et fréquentable. Même la Seine, fleuve ô combien pollué, devait aussi être propre et baignable. D’où une facture de 1,4 milliard d’euros, pour qu’une ministre sabordée en 28 jours à l’Éducation, puis une maire ridiculisée par ses 1,75 % aux Présidentielles, fassent trempette afin d’affirmer qu’elle était bonne, avis que ne partagèrent pas forcément les triathlonien(ne)s. Mais que ne ferait-on pas pour épater la galerie et redorer son blason, quand on est indubitablement dans la loose ?
La baignade de ces deux politiques dans la Seine, qui le 13 juillet et qui le 17 juillet, était non seulement de l’anti-sport de par le caractère ridicule de leurs exhibitions, mais aussi une insulte adressée à celles et ceux expulsés de l’Île-de-France, que ces 1,4 milliard d’euros auraient pu secourir. Non par de l’assistanat, qui ferait encore grimper les résultats de l’extrême-droite aux prochaines échéances électorales, mais en créant de l’emploi dans des secteurs tels que l’aide à la personne et la transition écologique.
Il ne suffit pas de créer des places d’hébergement, et d’ailleurs, combien de bâtiments tant dans le parc immobilier privé que public, sont inhabités ? Donner un travail, c’est redonner de la dignité à une personne marginalisée. Cela ne se fait évidemment pas sans encadrement, mais là aussi il y a des emplois à créer. L’argent magique existe bel et bien, et il se trouve notamment au Palais Brogniard. Sans compter celui qui, par un assainissement drastique des comptes publics, pourrait être dégagé de la réduction du train de vie de nos monarques républicains et consorts.
Les fastueuses dépenses de cette XXXIIIème olympiade de l’ère moderne, n‘auront pas bénéficié qu’aux seuls athlètes. Loin s’en faut, et le faire valoir autant que le donné à voir de ces manifestations, sont essentiellement orientés vers la gloriole d’un pouvoir pourrissant sur pied dans une république toujours plus bananière. A Paris devant les caméras, le président console quelques sportifs malchanceux, mais en coulisses, se fiche éperdument du sort des 34.362 miséreux expulsés d’Île-de-France.
Sans compter que le COJO (Comité d’Organisation des Jeux Olympiques) est dans le viseur du Parquet Financier. Six procédures, rien moins que ça, mais il est vrai que les sommes engagées représentent un pognon de dingue. Une dinguerie qui fait marcher sur la tête, car si ces jeux olympiques auront évidemment profité à des entreprises, et par voies de conséquences à des salariés, les perdants lors de ces grands événements sont toujours les mêmes, et le président de la République ne vient pas les consoler.
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