Pas mieux en Allemagne

Si les joutes politiques se déroulent généralement de manière « plus civilisée » en Allemagne qu'en France, le gouvernement n'y est pas non plus sûr de tenir...

La semaine prochaine pourrait devenir très compliquée pour Friedrich Merz. Foto: © European Union, 1998 – 2025 / Wikimedia Commons

(KL) – Les sujet de discorde politique sont les mêmes en France qu’en Allemagne. Le sujet des retraites risque de faire exploser la coalition CDU-SPD à Berlin et le chancelier Friedrich Merz essuie les mêmes critiques que le président français – au lieu d’essayer (en vain…) de briller sur la scène internationale, ils feraient mieux de s’occuper des affaires internes du pays, estime l’opposition. La grande question en pleine crise démographique : est-ce qu’il sera possible de maintenir le niveau des retraites ?

La « Junge Union », organisation de la jeunesse de la CDU, ne veut pas voter en faveur du budget qui prévoit le maintien des retraites à 48% du dernier salaire, estimant que ces retraites seraient injustes pour les jeunes générations. Considérant que 18 députés de la CDU font encore partie de la « Junge Union », leur vote pourrait être déterminant pour l’avenir de la coalition CDU-SPD. Car sans ces 18 votes, la coalition n’aurait pas de majorité et cela pourrait faire exploser la coalition. Friedrich Merz a déjà parlé de la possibilité d’attacher une motion de confiance au vote sur le budget et sans les votes des jeunes conservateurs, il pourrait bel et bien perdre une telle motion de confiance.

Comme en France, la question des retraites urge. La semaine prochaine, le Bundestag devra voter le budget 2026 et si d’ici là, Friedrich Merz n’aura pas trouvé un compromis, autant avec la jeunesse de son propre parti qu’avec les partenaire du SPD, une motion de confiance pourrait conduire l’Allemagne dans une situation comparable avec celle en France. A Berlin, on parle déjà de la possibilité d’un gouvernement minoritaire, mais là, il s’agit d’un format dont l’Allemagne n’a pas du tout l’habitude.

Mais toujours comme en France, les partis établis craignent des élections anticipées, considérant que depuis des mois, l’extrême-droite AfD est le parti le plus fort dans les sondages et un moment donné, le « cordon républicain » ne fonctionnera plus.

Ce qui est étonnant, c’est que les débats politiques se déroulent dans un certain calme. Les acteurs politiques opposent des arguments, des positions, mais sans qu’on assiste tous les soirs à des interminables engueulades sur les plateaux de la télévision – les partis allemands ont davantage l’habitude d’essayer de résoudre des différends par la discussion. Ceci dit, ce côté un peu plus « civilisé » ne garantit encore en rien des solutions dans une situation où la coalition au pouvoir est très faible, dirigée par un chancelier dont le taux d’approbation est proche de celui de son prédécesseur Olaf Scholz et cela en dit long.

La semaine prochaine pourra déjà être décisive pour l’avenir de cette coalition – si jamais la CDU, le SPD et la « Junge Union » n’arrivent pas à se mettre d’accord, l’Allemagne risque de se retrouver dans une situation comparable à celle en France. Comprendre : avec un gouvernement qui n’a pas de majorité pour gouverner. Décidément, le « moteur de l’Europe » est en train de caler…

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