Petites têtes & grandes caquettes

Le MAGA-land qui avait jusqu’ici, yeux fermés et bouche en cœur, soutenu indéfectiblement Donald Trump, tendrait à mordre la main qui l’a nourri.

Une casquette bien trop grande, et une ambition déraisonnable, pour une si petite tête... Foto: U.S. Department of State from United States / Wikimedia Commons / PD

(Jean-Marc Claus) – « Make America Great Again », clame encore le Nouveau Cyrus des évangéliques étasuniens et autoproclamé porte-parole des sans-voix, alors que sa crédibilité est en baisse dans l’ex-« plus grand pays des libertés ». Qu’a-t-il fallu pour que se fissure la cuirasse de ce héraut du nationalo-puritanisme ? La démonstration de son incapacité à régler, grâce à son art of deal, des conflits géopolitiques complexes ? Une brouille avec un nazinostalgique sous kétamine, qui a très largement financé sa campagne ?

Rien de tout cela mais, péché ô combien impardonnable aux States, il aurait menti. Menti ou pas dit toute la vérité, le chiffon rouge de la Liste Epstein lui administrant, osons le mot, une biffle magistrale. Il ne faut vraiment pas être un génie, même très stable mentalement, pour grâce aux voix des QAnon au QI par nature extra-light, se faire élire en prétendant pouvoir apporter des preuves à leurs croyances délirantes, puis s’étonner de devenir la cible de leur paranoïa, lorsque qu’on se révèle ne pas laver plus blanc que blanc.

Mieux encore, lorsqu’un ex-très cher ami du leader au vocabulaire réduit qui s’est forgé une réputation de « pussies catcher », laisse entendre que ce dernier tremperait dans l’Affaire Epstein, comment ne pas penser qu’il y aurait anguille sous roche ou plutôt penis under the list ? Les soutiens du mégalomane occupant de l’Oval Office, ne tournent pas plus rond que lui, et ce qu’ils partagent incontestablement avec leur président, est cette remarquable inculture doublée d’une bêtise crasse.

Le MAGA-land est un Neverland dans lequel l’idiotie tendrait à conduire au Prix Nobel. Combien de temps a-t-il fallu à Donald Trump pour enfin se rendre compte que non seulement Vladimir Poutine n’est pas fiable, mais qu’en plus, il le roule dans la farine comme un loukoum dans le sucre glace ? Pour un homme d’affaire(s) se prétendant avisé, cela a tout de même quelque chose de particulièrement comique. Or, c’est ainsi qu’il conduit les affaires des USA, et par ricochet celles d’une partie du monde.

La constellation MAGA, dans laquelle se côtoient complotistes QAnon délirants et militants évangéliques enragés, c’est petites têtes et grandes casquettes. Grandes casquettes car, eu égard à leur étroitesse d’esprit, rendre sa grandeur à l’Amérique, n’est vraiment pas à leur portée. Petites têtes, car leur étroitesse d’esprit les empêche radicalement d’accéder à une conception globale du monde. Les uns comme les autres font preuve d’une radicalité actuellement très tendance, propre à générer les plus sales conflits armés.

Se pourrait-il maintenant, que le Mister President, qui avait lors de sa campagne annoncé son projet de gouvernance dictatoriale, se retrouve impeached, par la bêtise et la pudibonderie d’une partie de ses soutiens ? Qu’il figure sur l’Epstein List n’a absolument rien d’étonnant, vu les liens d’amitiés qu’ils entretenait avec ce sulfureux personnage, ainsi que certains de leurs centres d’intérêts communs. La naïveté de toute une frange de ses partisans, est par contre non seulement étonnante, mais surtout inquiétante.

L’Amérique à laquelle il faut d’urgence rendre sa grandeur, est celle de Rosa Parks et John Steinbeck, qui n’a absolument rien à voir avec les fondamentalismes politico-religieux et nébulo-complotistes fracturant sa société plus encore qu’au temps de la ségrégation raciale. Les midterms sont encore loin et rien ne dit que d’ici novembre 2026, tout ne sera pas pardonné à ce président inconsistant, au motif que son inconsistance permet justement de faire édicter les lois les plus rétrogrades.

Aujourd’hui les latino-américains, subissent un sort similaire à celui des afro-américains avant le Mouvement des Droits Civiques. Les églises évangéliques, parties à la conquête du monde, rejouent avec délectation la séquence des pèlerins du Mayflower. Il ne manque plus que la survenue d’un nouveau Buffalo Bill, qui, à défaut d’exterminer des bisons aujourd’hui protégés, se mette à liquider scientifiques, artistes et penseurs progressistes.

Kommentar hinterlassen

E-Mail Adresse wird nicht veröffentlicht.

*



Copyright © Eurojournaliste