Pourparlers… de quoi ?
Des délégations russes et ukrainiennes se sont donné rendez-vous à Istanbul pour de nouveaux pourparlers autour d’une trêve qui semble pourtant inenvisageable.
Le Palais Çırağan à Istanbul accueille à nouveau les discussions entre l'Ukraine et la Russie. Foto: A. Savin / Wikimedia Commons / Free Art Licence
(Lucas Bareiss) – Le Palais Çırağan à Istanbul accueille depuis hier de nouveaux pourparlers entre Russes et Ukrainiens. Seize jours après les dernières négociations, qui avaient piteusement abouti à un simple échange de prisonniers, de nouvelles perspectives d’avenir sont étudiées depuis hier par les deux camps, malgré la forte intensité toujours présente dans le conflit.
Beaucoup doutent encore de l’implication sérieuse de la Russie. Alors que le ministre de la défense ukrainien, Roustem Oumerov, représentera la délégation ukrainienne, la délégation russe sera à nouveau menée par Vladimir Medinski, un vice-ministre et conseiller de second plan du Kremlin – symbole d’une implication jugée nulle du Kremlin, déjà pointée du doigt par Zelenskyi lors des négociations du 16 mai.
Des conditions claires sont attendues des deux camps : l’Ukraine souhaite que Moscou discute d’un plan de paix clair et durable, incluant le retrait de ses soldats d’environ 20% de son territoire. De son côté, la Russie exige une preuve écrite que son voisin ukrainien ne rejoindra jamais l’OTAN – une demande répétée, qui sera probablement discutée, alors que le président ukrainien Volodymyr Zelenskyi se trouve actuellement au sommet de l’OTAN à Vilnius, en Lituanie. Moscou réclame également la reconnaissance de l’annexion de quatre régions ukrainiennes qu’elle occupe déjà : Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia, ainsi que leur reconnaissance internationale en tant que territoires russes.
Le seul espoir ukrainien pourrait reposer sur le succès de sa vaste opération menée avant-hier : lancée sur le sol russe par les fameux drones ukrainiens, elle aurait visé des points stratégiques jusqu’en Sibérie et permis de neutraliser des dizaines d’avions russes, pour des dégâts estimés à 7 milliards de dollars selon le service de sécurité ukrainien.
La réunion entre les deux délégations hier n’aura duré qu’une petite heure, la Russie a remis à l’Ukraine une liste des exigences pour une paix (exigences dont on sait que l’Ukraine ne pourra pas les accepter) et on a l’impression qu’on fait du sur-place.
Mais est-ce que tout cela mène vraiment vers la paix ou bien, dans un premier temps, au moins vers un cessez-le-feu ? On peut se poser la question…
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