Poussée de Fièvre du Nil Occidental au Portugal
Pathologie pouvant provoquer de graves troubles neurologiques, la FNO doit être prise au sérieux, sans pour autant céder à la panique.
Les moustiques Culex, prédominants en France métropolitaine, sont les principaux vecteurs associés à la transmission du Virus du Nil Occidental (VNO). Foto: NIAID / Wikimedia Commons / CC-BY 2.0
(Jean-Marc Claus) – Des signalements de contaminations d’équidés par le Virus du Nil Occidental (Orthoflavivirus Nilense), ont conduit début décembre, la Direção-Geral de Alimentação e Veterinária (DGAV) à préconiser la vaccination et la protection des animaux susceptibles d’en être victimes, ainsi que l’élimination des gîtes larvaires. Avec déjà huit foyers détectés dans l’Alentejo, et quatre dans le secteur Lisbonne – Vallée du Tage, il fallait agir sans tarder, car le Portugal est touché dans ses régions sud et centre-ouest.
Depuis 2015, il ne s’est pas écoulée une année sans que le pays soit atteint par cette virose pouvant aussi toucher les êtres humains. Selon les rapports de la DGAV, il y a ces trois dernières années, une augmentation significative du nombre de foyers, passant de moins de dix et très souvent tout au plus cinq par an, à quinze en 2023 et trente-deux en 2024. Transmise par les moustiques, qui sont avec les oiseaux les hôtes naturels de l’Orthoflavivirus Nilense, cette pathologie est susceptible d’affecter plus d’une trentaine d’espèces de mammifères, dont les humains. Fort heureusement, ces derniers ne participent que dans des situations très particulières, à la transmission de la maladie.
Connu depuis 1937, détecté en France en Camargue dans les Années Soixante, le Virus du Nil Occidental (VNO) passe inaperçu huit fois sur dix lorsqu’il infecte les humains. Dans les vingt pour cent d’autres cas, la symptomatologie ressemble à un syndrome grippal. Mais une évolution vers un tableau clinique neurologique de cette pathologie nommée Fièvre du Nil Occidental (Febre de Nilo Occidental en portugais), doit donner lieu à une prise en charge médicale sans délai. En 2018, alors qu’un seul foyer était détecté au Portugal, vingt-cinq cas d’infections humaines ont été identifiés sur le pourtour méditerranéen français. C’est donc une pathologie à, sans pour autant céder à la panique, prendre tout de même au sérieux.
La Direção-Geral de Alimentação e Veterinária (DGAV) avait, au vu du nombre de cas signalés sur le continent européen, émis un premier message d’alerte dès septembre. De janvier à mi-septembre 2025, les 272 foyers infectieux confirmés en Europe, dont près de 80% en Italie, avaient de quoi inquiéter. L’Allemagne, l’Autriche, la Croatie, l’Espagne, l’Estonie, la Grèce et la Hongrie ont également signalé des cas de contaminations animales. Les moustiques étant présents sur l’ensemble des terres émergées de la Planète Bleue, excepté en Islande pour l‘hémisphère nord ainsi que dans l’Antarctique pour l’hémisphère sud, le réchauffement du climat favorisant leur prolifération, la propagation de la Fièvre du Nil Occidental causée par l’Orthoflavivirus Nilense, ne manque pas d’avenir.
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