Quand la fête rencontre le militantisme
Samedi 14 juin, la marche des visibilités s’est organisée avec un but précis - dire non au fascisme et à l’homophobie.
(Félicia Dassonville / Lisa Canastra) – L’arc en ciel strasbourgeois a brillé. Samedi 14 juin, plus de 7 000 personnes ont participé à la Marche des Fiertés, organisée par Festigays, sous un soleil de plomb. Pour cette occasion, la tolérance et l’acceptation de la différence ont été le mot d’ordre face à la montée du fascisme dans le monde.
Augmentation des actes homophobes – Musique électro, personnes en train de chanter et danser, tout était réuni pour célébrer ce jour comme il se doit. Pourtant, la réalité est autre. En France, les actes anti-LGBT ont augmenté de 5% en 2024, selon les chiffres du ministères de l’intérieur. Pour les 7 000 participants, cette Marche des Fiertés permet de rappeler qu’ils existent et que le combat continue. C’est notamment le cas de Léo, lycéen en terminale. « Il faudrait qu’il y ait encore plus de monde et plus de visibilité, surtout dans ces temps qui sont vachement compliqués. On a besoin de montrer qu’on est comme les autres et qu’on doit nous respecter ». Un avis partagé par Victoria, 29 ans et drag queen depuis dix ans. « Il faut sortir dans la rue, défendre nos droits parce que sans ça, nos droits seront oubliés ». Pour d’autres, leur venue à la marche des fiertés est symbolique. « J’ai à cœur de combattre toutes les oppressions que subissent les personnes LGBTQIA+. Je suis moi-même pansexuelle, donc c’est important d’être là », explique Violette, 25 ans.
« Je suis fière d’être là, je me sens enfin moi-même » – C’est un appel à l’éveil collectif depuis les discriminations contre les LGBT aux États-Unis, estime Lou, étudiante en histoire des art, « ce qui arrive aux États-Unis donne de plus en plus de crédit et d’idée pour banaliser l’homophobie ». En effet, depuis que Donald Trump s’est installé à la Maison Blanche, c’est un coup de massue pour la communauté LGBT, avec des décrets plus inquiétants les uns que les autres. Pour rappel, Trump redéfinit le sexe comme étant strictement binaire et déterminé à la naissance, supprimant la reconnaissance fédérale des personnes transgenres ou encore interdire aux écoles de promouvoir la diversité, l’équité et l’inclusion. Lou est consciente de cette idéologie réfractaire et ajoute « pour moi, les États-Unis ont toujours été visionnaires pour accepter toute la diversité, quel que soit l’orientation, ce qui me fait peur, c’est que leur idéologie nous influence en Europe », s’attriste-t-elle.
Plusieurs personnes de tous horizons sont contraints de partir pour leur survie. C’est notamment le cas de Marie-Grace, camerounaise, qui a dû partir de son pays suite à plusieurs actes homophobe qu’elle subissait. « C’est la première fois que je participe à un tel événement, je n’ai pas la possibilité d’en faire chez moi car c’est condamné. Ça fait un an que je suis en France, je suis fière d’être là, je me sens enfin moi-même ». Elle rajoute : « Au Cameroun, si on apprend que tu es LGBT, tu risques six mois, voire cinq ans de prison et avec une amende de 250 mille de francs CFA. Ma famille m’a bannie, donc j’étais obligée de vivre en cachette ». Avec la montée de l’extrême-droite partout dans le monde, la peur que l’histoire se répète est l’une des raisons de leur venue. « Aujourd’hui, il y a encore plusieurs pays du monde où plusieurs personnes sont tuées, simplement parce que tu ressens ta vie différemment des autres. Je veux montrer à ma fille que la diversité est une bonne chose », explique Arturo, vénézuélien.
Ce mois de juin met à l’honneur toutes les fiertés passant par plusieurs événement festifs, notamment avec des spectacles de drag queen ou encore des tables rondes animées de sujets primordiaux comme l’acceptation de l’autre quel que soit son orientation sexuelle.

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