Recrudescence de Covid-19 aux Canaries

Le Covid-19 revient à la charge sur l’archipel canarien. Faut-il s’en inquiéter ?

Aux Canaries, le Covid-19 n’appartient plus à l’Histoire, mais refait surface au temps présent. Foto: Mike Peel / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int

(Jean-Marc Claus) – Des informations potentiellement inquiétantes nous arrivent de l’archipel canarien, via diverses sources, dont les articles de la journaliste Carmen Delia Aranda, diffusés par Canaria7. Elle avait, il y a une dizaine de jours, traité le sujet de l’hypothèse de la survenue de nouvelles pandémies, notamment lors d’une passionnante interview de l’épidémiologiste Amós García Rojas et d’un point sur les recherches sur le Catovirus Naegleriensisde, menées par l’Instituto Universitario de Enfermedades Tropicales y Salud Pública de Canarias (IUETSPC) de l’Université de La Laguna. Mais depuis peu, c’est au Covid-19 qu’elle est amenée à s’intéresser.

Les réseaux sociaux se font l’écho, de la survenue d’une nouvelle vague de la pandémie, que beaucoup croyaient derrière nous. Mais ils le font à la manière des réseaux sociaux, donc il est de loin plus raisonnable de se référer à ce que disent les professionnels de la santé, et que nous rapporte Carmen Delia Aranda. Ainsi, pharmaciens et médecins constatent une forte augmentation des cas, se présentant souvent sous une forme bénigne. Ce qui, d’un certain côté, a quelque chose de rassurant, mais juste d’un certain côté, car les mesures de prévention de la contamination, semblent avoir été oubliées par beaucoup. Margarita Benítez, la vice-présidente du « Colegio Oficial de Farmacéuticos de Las Palmas », situe le début du phénomène à environ un mois, or personne ne s’en rendait compte.

Beaucoup de pharmacies ont depuis vu leurs stocks de tests dévalisés, et si la forme actuelle de ce virus est bénigne pour la majorité de la population, ce n’est pas le cas des personnes vulnérabilisées par d’autres pathologies, handicaps ou tout simplement leur grand âge. Donc, la prévention de la contamination doit redevenir un sujet de préoccupation collectif, tant pour les insulaires que pour les touristes, que ces quatre mois estivaux vont amener en nombre dans l’archipel.

Triplement du nombre de cas en trois semaines, 15% des affections respiratoires aiguës : ce n’est qu’un début. Personne n’a, jusqu’à cette heure, été admis pour infection au Covid-19 en soins intensifs, mais cela ne veut pas dire que les sujets fragilisés s’en sortent et s’en sortiront aussi bien. Un taux actuel d’occupation des lits d’hôpitaux de 0,85% pour cette pathologie, ne signifie pas que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. A moins que l’on fasse totalement abstraction de toute notre expérience antérieure avec ce virus.

Il ne s’agit pas là de sonner le tocsin, et par exemple d’inciter à annuler les séjours prévus dans cet archipel magnifique, mais de sensibiliser au fait que le retour à des mesures prophylactiques s’impose, tous simplement par civisme. Il importe de protéger les personnes vulnérabilisées, qui sont par ailleurs incitées comme en France, à se faire à nouveau vacciner, mais aussi de ne pas provoquer des contaminations en cascade, dans une région qui vit beaucoup du tourisme et pour laquelle la période actuelle est cruciale.

Alors, si vous avez la chance d’aller cet été séjourner aux Iles Canaries, remettez-vous à la pratique des gestes barrières, et à plus forte raison, si vous êtes vulnérabilisé. Quant à une nouvelle vaccination, actuellement proposée à une partie de la population, il appartient évidemment à chacun de décider pour soi-même, mais ceux qui rentreront des Canaries feront bien de garder à l’esprit qu’ils auront vis-a-vis des personnes fragilisées, un potentiel temporaire de contamination. Donc, ça ne sera pas une très bonne idée de s’empresser au retour, d’embrasser Papi Edouard et Mamie Lucette, ou la Tante Adèle insuffisante rénale sous dialyse. Il faudra juste attendre un peu, afin de s’assurer que l’on n’a pas contracté la maladie durant le séjour.

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