Séisme dans le monde du cheval

Ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Charlotte Dujardin », a récemment secoué le monde du cheval, mais les JO Paris 2024 ont fait écran. Alors parlons-en...

Une relation humain-cheval, ça se travaille et la confiance ne se décrète pas, mais elle se gagne. Foto: Livia / CC-BY 2.0

(Jean-Marc Claus) – Dans le Top 3 de la semaine dernière, est apparu « Deux malheureux chevaux au JO », relatif aux épreuves équestres des Jeux Olympiques de 2020 décalés à 2021 pour cause de pandémie de Covid-19. Ce qui a particulièrement surpris la rédaction, et après informations glanées dans le monde du cheval, il semblerait que « l‘affaire Charlotte Dujardin » ne soit pas étrangère à la recrudescence de clics sur cet article qui date.

Un article qui date et à l’époque n’a pas fait date, tout comme est passée un peu sous les radars fin juillet, l’enquête de la Fédération Équestre Internationale (FEI) déclenchée par la diffusion d’une vidéo de la quintuple médaillée olympique maltraitant un cheval. Certains quotidiens généralistes ont relayé l’information, mais la cérémonie d’ouverture des JO Paris 2024 se déroulant trois jours après la prise de parole de Charlotte Dujardin, d’autres polémiques infiniment plus vendeuses, ont occupé la une des médias mainstream.

De quoi s’agit-il ? La plurimédaillée olympique britannique, s’est retirée de la compétition, le temps que la procédure en cours aboutisse. Une vidéo tournée il y a quatre ans, la montrait avec son cheval lors de l’entraînement, alors qu’elle était jusqu’ici citée en exemple, notamment pour la relation humain-animal. Par un communiqué diffusé le 23 juillet, elle a dit avoir honte de son comportement, selon elle totalement inhabituel, et a affirmé qu’il n’y a aucune excuse. Faute avouée à moitié pardonnée, mais pas tant que ça, car cet événement qui a provoqué un séisme dans le monde du cheval, ne restera pas sans conséquences.

C’est pourquoi nous donnons la parole à Livia, qui en 2020 avait accepté de répondre à nos questions sur sa relation à Bellagio de Cléry:

(Livia)Depuis plusieurs années maintenant, la conscience collective semble s’élever en ce qui concerne le bien-être animal. Cela ne fait pas défaut dans le monde équestre, où se développe voire se démocratise la pratique de l’équitation éthologique et l’equifeel, etc. On prône « l’école de la légèreté », avec des aides toujours plus fines et imperceptibles. On recherche le confort du cheval, en lui offrant une vie au plus proche de ses besoins naturels, avec accès au pré, une vie de troupeau, des fourrages à volonté.

Des professions émergent et deviennent presque usuelles (saddle fitter, ostéopathe équin, dentiste équin,…). Des formations fleurissent partout sur la toile pour sensibiliser et enseigner les valeurs des « hommes de chevaux ». Aujourd’hui, un cavalier qui ne « sait » pas, est un cavalier qui ne veut pas voir, ou un cavalier qui prête peu d’intérêt à sa monture, et exerce l’équitation comme il ferait du vélo le dimanche les jours d’été…

En partant de ce postulat, il est d’autant plus choquant d’apprendre que des athlètes de renommée mondiale, suivis par pas moins d’un demi-million d’abonnés sur les réseaux sociaux, sont encore aujourd’hui sous les projecteurs pour des maltraitances animales. D’autres mouvements, avant celui que l’on voit venir en équitation, comme les « metoo » et autres « #balancetonporc » ont pu délier les langues dans le monde du show-business ou dans des milieux professionnels. J’espère qu’il en sera de même ici, pour que l’équitation puisse évoluer en faveur du bien-être animal.

La pression financière, des sponsors ou des résultats, ne doivent sous aucun prétexte venir nuire au bien-être de nos montures. La beauté de ce sport réside précisément dans la relation cheval-cavalier, et vaut à mes yeux, bien plus que toutes les récompenses du monde. A l’heure où la pratique de ce sport est dans le viseur des associations de protection animale, il est urgent de voir ces pratiques d’un autre temps, être tout bonnement et simplement abolies, car il est à craindre dans le futur, une interdiction de la pratique équestre et par la même, la disparition probable de nos chevaux, tels que nous les connaissons aujourd’hui…

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