Sidéral et sidérant !
François Bayrou, premier-ministre au zénith ou à apogée de sa carrière politique ? Telle est la question, mais quel festival !
Quant à l’éloignement de la Terre, pour cet homme qui, briguant la présidence de la République en 2012, se disait de la terre, il est à cette heure légitime de le penser hors-sol et très loin de la planète où vit la plupart de ses concitoyens. Foto: Jean-Marc Liotier / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 2.0
(Jean-Marc Claus) – Si l’on se réfère à l’astronomie, point du ciel situé à la verticale de l’observateur, le zénith peut, dans certains cas, se confondre avec l’apogée de l’astre observé, celui-ci étant alors le plus éloigné de la Terre. Le citoyen François Bayrou, qui en décembre dernier obtint son maroquin en menaçant son « compagnon de route depuis le premier jour », peut sembler aujourd’hui arrivé au zénith de sa carrière politique, mais il n’a peut-être pas encore atteint l’apogée de son impopularité.
Un mois et demi après sa nomination, un sondage réalisé pour Public Sénat, chaîne de télévision sérieuse s’il en est, révèle que 68% des personnes interrogées, considèrent que le Palois n’est pas un bon premier ministre. Mais qu’il se rassure, car son ami le président, lui tient la dragée haute avec 73% d’opinions défavorables. Donc, il lui reste tout de même un peu de marge.
Quant à l’éloignement de la Terre, pour cet homme qui, briguant la présidence de la République en 2012, se disait de la terre, il est à cette heure légitime de le penser hors-sol et très loin de la planète où vit la plupart de ses concitoyens. Alors que les Français n’en peuvent plus des auto-amnisties et avantages dignes de l’Ancien Régime, que s’accordent les acteurs de l’establishment, voilà que le Premier Ministre affirme benoîtement que « ce serait une erreur politique si Marine Le Pen était déclarée inéligible en mars ? ».
Il a été reproché à Michel Barnier, qui juste avant lui occupa le poste quatre-vingt-dix-neuf jours, une certaine sollicitude envers l’extrême-droite. Là, c’est carrément de solidarité dont il est question, et pour cause, car l’admirateur inconditionnel d’Henri IV a très mal vécu l’affaire des assistants parlementaires du MoDem, qui, débutée en 2017, aboutit à sa relaxe en 2024. Sept ans au Tibet ou sept ans de réflexion, selon qu’on se réfère à Heinrich Harrer ou à Marilyn Monroe !
Comme si le RN-ex-FN ne pouvait continuer d’exister, sans sa cheffe de file ? Comme si, que cette dernière soit condamnée ou non, cela change quelque chose aux prochaines séquences électorales ? « Le centrisme, c’est le vichysme du temps de paix », affirmait dans les années soixante-dix Alexandre Sanguinetti. Si les eaux thermales vichyssoises ont d’incontestables propriétés digestives, la pastille Bayrou a tout de même du mal à passer, inévitable conséquence d’une certaine propension à vouloir faire avaler des couleuvres aux électeurs.
Il faut dire que le toujours maire et temporaire premier ministre, n’a pas fait dans la dentelle depuis son arrivée à l’Hôtel de Matignon. Un aller-retour en jet à 12.000€ le billet en business class, pour présider un conseil municipal à Pau, alors que Mayotte, qui n’est pas incluse dans le territoire national (enfin si), vient d’être dévastée par le cyclone Chido, un plaidoyer pour le retour au cumul des mandats pour les parlementaires, une prétention à être là pour deux ans et demi, car en cas d’échec « c’est la dernière station avant la falaise », voilà qui donne le ton… de la dissonance !
Ce qui, en démocrate-chrétien qu’il prétend être, devrait devenir sa boussole, à savoir les principales attentes de la majorité de ses concitoyens et l’intérêt général, passe à la trappe ! Alors qu’une très large majorité de citoyens s’est mobilisée durant des mois pour contrer la réforme macroniste des retraites, finalement imposée par un scélérat 49.3, le voilà qui met le focus sur la « submersion migratoire » et noie le poisson de l’abrogation de la plus impopulaire des réformes voulue par le plus détesté des présidents de la Ve République.
« Bayrou, c’est pire que tout », déclarait en 2007 Simone Veil, que l’inénarrable Sibeth Ndiae avait qualifié de « meuf » en 2017. Et bien, la meuf, qui était une sacrée badass, ne manquait pas de clairvoyance. Mais quid du corps astral de ce premier ministre, qui a su pour se faire une place au soleil, tordre le bras du corps du roi ? Selon la théorie anthroposophique, il relèverait de la clairvoyance et formerait une aura autour du corps matériel. « Anne, ma sœur Anne, – Si j’ te disais c’ que j’ vois v’nir, – Anne, ma sœur Anne, – J’arrive pas à y croire, c’est comme un cauchemar… – Sale cafard ! »…
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