SIG Strasbourg – Saison surprenante, mais à la fois décevante
Après deux saisons d'absence, la SIG a retrouvé les playoffs et une identité sous les ordres de Jānis Gailītis. Sans encore rivaliser avec les poids lourds du championnat.
Est-ce que le public au Rhénus vivra une saison 2026/27 plus sereine ? Foto: BiggySmoov / CC-BY-SA 3.0
(Oscar Louimaire) – Pendant longtemps, la SIG a semblé avancer sans véritable direction. Entre changements d’effectif, résultats irréguliers et ambitions revues à la baisse, le club alsacien avait progressivement quitté le cercle des équipes qui comptent en Betclic Élite. Mais la saison passée, quelque chose a changé.
L’arrivée de Jānis Gailītis sur le banc a marqué le début d’un nouveau cycle. Sans révolutionner l’effectif, le technicien letton a surtout redonné une cohérence à un collectif qui en manquait cruellement. Plus disciplinée, plus agressive défensivement et capable de mieux contrôler le tempo des rencontres, Strasbourg a retrouvé une identité.
La progression n’a pas été spectaculaire. Elle a été progressive, parfois discrète, mais constante. Au fil des semaines, la SIG s’est installée dans la première moitié du classement. Là où elle alternait auparavant les séries positives et les rechutes inquiétantes, elle a cette fois montré davantage de stabilité. Pendant une bonne partie de la saison, Strasbourg a même navigué dans le top 4. Une position qui témoignait d’un niveau de régularité inédit depuis plusieurs exercices.
Le bilan final de 17 victoires pour 13 défaites, en huitième position, récompense cette cohérence retrouvée. Mais la SIG n’a jamais quitté non plus la course aux playoffs. Une différence majeure avec les saisons précédentes, où le club regardait la phase finale à distance.
La chute de la SIG en fin de championnat est l’une des données les plus marquantes de sa saison. Solidement installée dans le top 4 pendant des semaines, elle a glissé progressivement hors du top 6 au cours des dernières journées, ne remportant que trois de ses quatorze dernières rencontres de saison régulière. Un effondrement qui a transformé une qualification directe en quarts en une course contre la montre aux Play-Ins.
Cette fin de saison a mis en lumière les limites d’un effectif encore trop court pour maintenir le niveau sur la durée. Quelques blessures, un peu de fatigue, et c’est toute la mécanique bien huilée de Gailītis qui s’est grippée.
Lors du premier match des Play-Ins, face à Bourg-en-Bresse, septième de la saison régulière, Strasbourg s’est incliné nettement, 71 à 91, sans jamais vraiment peser sur la rencontre. Un désaveu cinglant, qui aurait pu sonner la fin d’une belle saison. Mais le règlement offrait une deuxième chance. Et cette fois, la SIG ne l’a pas manquée.
Dans un Rhénus à moitié vide, face à Chalon-sur-Saône, les joueurs de Gailītis ont rendu une copie bien plus sérieuse. Solides en première mi-temps, capables de résister à un retour chalonnais inquiétant en début de quatrième quart-temps, ils ont finalement dominé la fin de match pour s’imposer 102 à 81.
Les playoffs étaient atteints, deux ans après la dernière participation du club. Le problème, c’est que le cadeau qui attendait la SIG avait tout du piège. En quarts de finale, Strasbourg héritait de Paris Basketball, leader de la saison régulière et candidat déclaré au titre. L’écart de moyens et de profondeur d’effectif est vite apparu.
Malgré un sursaut lors du deuxième match remporté à l’Adidas Arena, l’un des résultats les plus surprenants des playoffs, les Strasbourgeois ont cédé en trois matchs. Une élimination logique tant Paris a semblé disposer d’une marge supérieure dans tous les secteurs du jeu. Mais cette série a également permis de mesurer le chemin parcouru.
Il y a encore un an, la SIG regardait les playoffs à distance. Cette fois, elle les disputait, et elle a même fait vaciller le leader une nuit. Une nuance qui change beaucoup de choses. La véritable réussite de la SIG ne réside peut-être pas dans sa huitième place ou dans son retour en playoffs. Elle réside dans le sentiment retrouvé d’appartenir à nouveau au paysage des équipes ambitieuses du championnat. Cette saison n’a pas encore ramené la SIG parmi les grands. Elle lui a simplement rappelé le chemin pour y retourner. En espérant que les détours soient moins nombreux la prochaine fois.
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