Tension maximale à Téhéran

La révolution en Iran a été supprimée de manière sanglante. Que fera Donald Trump qui a dépêché toute une armada devant les côtes iraniennes. Mais l'Iran se montre aussi menaçant.

Une image qui donne de l'éspoir - une jeune manifestante au sourire désarmant. Foto: Mahnaz Ghobakhloo / Wikimedia Commons / CC0 1.0

(KL) – Quelle fin tragique pour la révolte du peuple iranien ! Mais est-ce vraiment la fin ? Les ONGs parlent de jusqu’à 30000 morts et des dizaines de milliers de personnes arrêtées ; les procès publics ont commencé et de nombreux rapports parlent aussi d’exécutions. Déjà les prochaines heures pourront déterminer un proche avenir pour toute la région. Le prix d’une confrontation entre Donald Trump et Ali Khamenei ne paieront pas les Américains, pas non plus les mollahs, mais le peuple iranien.

Cette révolution aurait mérité d’aboutir au renversement du régime meurtrier des mollahs, mais ces derniers avaient préféré organiser un massacre parmi leur propre population et ce massacre, selon les rapports qui nous arrivent quotidiennement, n’a jamais cessé. Si les manifestations de masses ont cessé après les tueries commises par les gardes de la révolution des mollahs et leurs soutiens, les Iraniens suivent très attentivement ce qu’il va se passer ces prochaines heures. Est-ce que Trump attaquera l’Iran ? Si oui, où ? Encore des attaques sur les installations nucléaires ? Une action ciblée pour mettre la main sur Ali Khamenei et ses sbires ? Des bombardements ? Mais où ? Et quelles seront les réactions ?

Le régime des mollahs a déclaré avoir « le doigt sur la gâchette », et effectivement, des contra-attaques sur les nombreuses bases militaires américaines dans les pays de toute la région, pourraient déclencher de nouvelles hostilités dans tout le Moyen Orient. On ne peut pas non plus exclure de nouvelles attaques sur Israël et si les Américains décident d’intervenir, on ne sait pas du tout de quelle manière. Après avoir dit aux peuple iranien que « l’aide est en route », il y a déjà une dizaine de jours, Donald Trump avait laissé tomber les manifestants, se contentant d’une déclaration mensongère du ministre de la justice iranienne qui avait alors dit que les forces de l’ordre ne tuaient plus les manifestants et qu’aucune exécution ne serait prévue. Les deux déclaration étaient fausses et Trump avait alors poliment remercié les mollahs.

Personne ne peut dire aujourd’hui comment la situation en Iran pourra se résoudre. L’Iran n’est pas le Venezuela et en Iran, les Américains ne pourront pas organiser une sorte de putsch et commencer à diriger le pays. D’autre part, une intervention américaine pourrait être le seul moyen d’effectivement renverser ce régime théocratique. Sans armes, face à des milices désormais qualifiés officiellement par l’UE comme organisation terroriste, le peuple iranien ne peut pas battre une armée prête à tirer sur les manifestants.

L’Iran a également menacé de fermer le Détroit d’Ormuz, un détroit où passent 20% de tous les transports de pétrole mondiaux et 10% de tous les transports de marchandises mondiaux. Une telle fermeture pourrait avoir de graves conséquences pour le commerce international et ajouter des crises aux crises.

Et l’Europe ? L’Europe a sanctionné une trentaine de leaders iraniens qui ne pourront plus entrer dans l’Union européenne et dont les avoirs dans des banques européennes seront gelés. Mais ce n’est pas ça qui fera tomber ce régime de vieillards assassins – on ne peut que souhaiter beaucoup de force au peuple iranien. Les jours des mollahs sont comptés, reste à savoir quand et comment ils tomberont pour de bon.

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