The Central Park Five Affair

Quand Donald Trump achetait des pages entières de quotidiens pour demander la mort de cinq adolescents, par la suite condamnés à de la prison ferme, puis... innocentés.

La Gate of the Exonerateds, une entrée du Central Park ainsi nommée en l'honneur de cinq adolescents injustement condamnés, et dont Donald Trump réclamait la mort. Foto: Jay-Dobkin / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int

(Jean-Marc Claus) – L’affaire remonte à 1989, Donald Trump est alors un frétillant quadragénaire. A New-York, la ville qui ne dort jamais, Trisha Ellen Meili, jeune Étasunienne âgée de vingt-huit ans, fait en soirée son jogging à Central Park. Agressée très grièvement et violée vers vingt-et-une heures, elle survit après douze jours de coma, mais conserve des séquelles. Cinq adolescents, arrêtés dans les heures suivant les faits, passent aux aveux puis se rétractent. Ce qui à l‘issue du procès tenu l’année suivante, les condamne à des peines de prison ferme. Tout cela se déroule dans un contexte fortement anxiogène, causé par de nombreuses agressions gratuites et sauvages.

Douze jours après le drame et plus d’un an avant le commencement des procès, Donald Trump, qui n’est alors qu’un homme d’affaires, mais avait tout de même envisagé de se présenter à la présidentielle de 1988 en formant un ticket avec Oprah Winfrey, demande via plusieurs pages de publicité achetées aux principaux journaux new-yorkais, la ré-instauration de la peine de mort dans l’État . En 2002, confondu par son ADN, Mathias Reyes emprisonné pour quatre viols et le meurtre d’une femme enceinte, reconnaît être le seul et unique agresseur de Trisha Ellen Meili, treize ans auparavant.

L’enquête est alors rouverte et plus de dix ans après avoir été condamnés sur la base d’aveux extorqués et non vérifiés sérieusement, Antron McCray, Kevin Richardson, Yusef Salaam, Raymond Santana, et Korey Wise obtiennent réparation de la part de la Justice Fédérale. Soit en 2014, quarante-et-un millions de dollars répartis entre ceux qu’il est convenu de nommeThe Central Park Five. Du côté de Donald Trump, c’est silence radio, mais l’histoire ne s’arrête pas là. Quand dans le débat qui en 2024 l’oppose à Kamala Harris, la candidate démocrate remet l’affaire sur le tapis, il répond avec son vocabulaire limité et sa syntaxe chaotique, s’être dit que « s’ils ont plaidé coupable, ils ont gravement blessé une personne et l’ont tuée en fin de compte. ».

Ce qui n’a vraiment pas l’air de plaire aux Central Park Five, et motive leur décision de le poursuivre pour diffamation. Dans sa campagne de presse one shot, il avaitaffirmé en 1990 qu’ils étaient passés aux aveux (demi-vérité) et que la victime était décédée (mensonge). Ce qu’il reformula en 2024, confondant volontairement ou non, mais peu importe, plaider-coupable et aveu de culpabilité, et rectifiant maladroitement les propos tenus lors de la campagne de presse, au cours de laquelle il déclarait morte une victime sortant du coma au moment où était publié son brûlot. Des accommodements avec la vérité et des mensonges, devenus aujourd’hui les alternative facts dont regorge notamment un réseau très mal nommé Truth Social.

Rappelons pour finir que la victime était de type caucasien, et les présumés coupables mais depuis innocentés, quatre Afro-américains et un Hispano-américain. Soit le combo idéal pour redonner du peps à l’Amérique pro-nazie, dont un temps le Ku Klux Klan et aujourd’hui l’ICE-milice, ne sont que les parties visibles d’un iceberg qui, souhaitons-le vivement, fasse rapidement couler le May-Trump-Flower et tous ses pèlerins.

Pour mémoire, c’est le 1er mai 1989 que fut lancée l’odieuse campagne trumpienne contre les Central Park Five, réclamant localement la ré-instauration de la peine capitale.Le 1er mai, fête des travailleurs, ce que ne fut et ne sera jamais cet hériter dilettante. Le 1er mai, fête du muguet, ce porte-bonheur qu’aujourd’hui vendredi treize, nous sommes censés attendre encore soixante-dix-sept jours. Mais avec le réchauffement climatique, une arnaque selon Trump, il apparaîtra de plus en plus tôt chez les fleuristes, que l’Agent Orange le veuille ou non.

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