Trump isole les États-Unis

Contrairement à d'autres pays européens, les Pays-Bas ont compris que les USA de Donald Trump ne sont plus un partenaire fiable. Ainsi, ils limitent certaines coopérations.

A l'avenir, les services secrets américains ne pourront plus compter sur le soutien inconditionnel des Européens. Foto: Anthony Quintano from Westminster, United States / Wikimedia Commons / CC-BY 2.0

(KL) – Une interview menée par le quotidien néerlandais De Volkskrant avec les deux chefs des deux services de renseignement néerlandais MIVD et AIVD, Peter Reesink et Erik Akerboom, constitue une sensation. Les deux ont expliqué que leur services ne partageaient plus toutes leurs informations avec les homologues américains, de peur que les Américains puissent utiliser ces informations pour effectuer des opérations contraires aux Droits de l’Homme, en comptant même avec la possibilité que les Américains puissent partager ces informations avec les Russes. L’isolement des États-Unis de Donald Trump a commencé.

Est-ce que Donald Trump a dépassé les limites ? Il faut croire que oui. Lorsque les Néerlandais disent « Quand on combat les narcotrafiquants, on poursuit les responsables, mais on ne tue pas les gens », cela en dit long. Les opérations illégales et contraires au droit international (que les Américains ne reconnaissent pas), ne seront plus soutenues par l’ensemble des Européens. Ceux parmi les Européens qui applaudissent encore bêtement les infractions américaines du droit international, devront bientôt s’expliquer, car leur soumission à un président qui a visiblement perdu la boussole, coûtera cher à l’Europe et au monde entier.

Et du coup, même un Donald Trump devra faire attention. La suprématie des USA est basée sur le fait que les Européens les suivent aveuglement – dès que les États-Unis perdraient le soutien de leurs followers européens, ils risquent de perdre rapidement cette main-mise sur les dossiers internationaux. Et aux États-Unis également, l’opposition s’exprime de plus en plus clairement, contestant les actions illégales d’un président qui se sent pousser des ailes. Mais Donald Trump ne pourra pas opérer en permanence au-delà du droit international, à condition que les autres pays restent solidaires face à la tentative trumpienne d’imposer le droit du plus fort comme nouvelle règle mondiale.

Une grande erreur trumpienne était aussi l’annonce de vouloir prendre le Groenland « dans les deux mois à venir », prétextant « de nombreux bateaux russes et chinois qui tournent autour du Groenland », en visant évidemment et comme au Venezuela, les énormes ressources groenlandaises. Les réactions en Europe étaient virulentes – le Groenland appartient au Danemark et une tentative d’envahir cette plus grande île du monde, mettrait une fin à l’OTAN (ce qui pourrait effectivement arranger les plans étranges de Trump). Au point où le ministre des affaires étrangères Marco Rubio estimait nécessaire de préciser que les USA ne voudraient pas envahir le Groenland, mais l’acheter. Comme si le Groenland était à vendre.

Remarquable, la réaction des services secrets néerlandais, qui sont les premiers à ne plus participer aux jeux malsains d’un président aussi malsain. Il faut espérer que d’autres pays européens cessent de s’agenouiller devant ce criminel condamné qui se trouve seulement en liberté grâce à l’immunité présidentielle. Car les USA de Donald Trump ne travaillent pas à la résolution des nombreux conflits dans le monde, mais ils en créent de nouveaux, tout en faisant en sorte que les conflit déjà en cours, connaissent une escalade des plus inquiétantes.

Aux Pays-Bas, on a constaté que le seul pays épargné par les nombreuses sanctions et menaces trumpiennes, est la Russie. Personne ne connaît actuellement le contenu des échanges entre les USA et la Russie, mais force est de constater que la Russie n’est pas frappée des nombreuses mesures américaines qui concernent surtout les anciens « partenaires » des USA.

Pendant que la « coalition des volontaires » continue à lécher les bottes de Trump, la réaction des services secrets néerlandais est la seule réaction valable. Aujourd’hui, Donald Trump est aussi dangereux que Vladimir Poutine, comme Kim Jong-un ou Xi Jinping – et rien ne devrait obliger les Européens de se contenter du rôle d’agent d’un président dont la santé mentale devrait être examinée.

L’Europe doit faire bloc, autant contre la Russie que contre les États-Unis de Donald Trump. Et les Américains devront bien réfléchir lors des « mid-term elections » où Donald Trump risque de perdre au mois de novembre, la majorité dans les deux chambres du Congrès, ce qui mettrait un terme à sa politique folle et dangereuse. Bravo aux services secrets néerlandais !

Kommentar hinterlassen

E-Mail Adresse wird nicht veröffentlicht.

*



Copyright © Eurojournaliste