Trump tend la main à Poutine et la facture à l’Europe
13 jours après la décision d’arrêter l’envoi d’armements à l’Ukraine, Donald Trump s’est résolu ce lundi à adopter une solution nouvelle qui reprend ses codes du « roi du deal ».
Beaucoup dépendra pour l'Ukraine du système « Patriot » - mais qui paiera pour ces systèmes américains ? Foto: Sgt. Alexandra Shea / Wikimedia Commons / PD
(Lucas Bareiss) – Les États-Unis produisent, l’Europe paye et l’Ukraine utilise. Voilà comment on pourrait résumer le nouveau projet du résident de la Maison Blanche pour « aider » l’Ukraine. Puisque, depuis le début de la guerre, il paraît évident que le soutien militaire américain est indispensable pour soutenir l’effort de guerre ukrainien, Donald Trump, dans son style bien à lui, a su tirer son épingle du jeu pour garder cette importance en cessant de payer pour cette aide. Cette initiative est un soulagement pour les alliés européens et Kiev, même s’il semble clair que certains pays, dont la France, vont devoir puiser dans leurs armements internes et mettre la main au portefeuille.
Une aide indispensable – L’urgence pour la défense ukrainienne est de se doter de solutions efficaces contre les bombardements russes qui ne cessent de s’intensifier. Pour cela, le pays dépend quasiment exclusivement du système Patriot américain. Un avantage dont a pu profiter Trump pour imposer sa vision business de l’aide à l’Ukraine, car sans ces machines à 3 300 000 $, la résistance ukrainienne aurait énormément de mal à parer la menace aérienne de Moscou. Une décision qui a été discutée dans le Bureau ovale lundi avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui n’a pas manqué de faire les éloges du 47ᵉ président des États-Unis : « Vous devez le tester. Et vous l’avez fait. Il faut enclencher un processus et vous êtes le seul capable de faire ça. » Un aveu de faiblesse criant qui résonne entre le silence de certains et les remerciements pour brosser dans le sens du poil le « roi du deal ».
Un vent ridicule de révolte contre Poutine – « Le roi du deal est en train de montrer ce qu’est l’art du deal à plat ventre », déclarait Claude Malhuret au Sénat il y a 4 mois de ce, dans un discours devenu viral et qui ne cesse de sonner encore plus réaliste. Le plus gros problème dans toutes ces décisions prises lundi reste sûrement le copinage que Trump essaye d’imposer à Vladimir Poutine. Depuis quelques mois, dans ses discours, Donald Trump tente de cacher les avances qu’il fait à Poutine derrière des menaces de sanctions légères et qui paraissent inutiles. Lundi encore, Trump déclarait : « Mes conversations avec [Vladimir Poutine] sont toujours très plaisantes. Et puis le soir, il sort les missiles », et annonçait derrière de nouvelles sanctions contre la Russie si un cessez-le-feu n’était pas signé dans les 50 jours. Une menace qui laisse le temps nécessaire aux Russes d’organiser leurs contournements des sanctions avec leurs alliés.
Si certaines personnes arrivaient encore à en douter, Donald Trump ne cesse de le prouver : le ridicule ne tue pas. Pendant qu’il tente de s’accrocher discrètement à la jambe de Poutine, que l’Europe en crise doit se résoudre à augmenter ses aides pour l’Ukraine, est-ce que les vrais gagnants de ce deal ne seraient pas la Russie et ses alliés ?
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