Ukraine – tout le monde campe sur sa position

Une fin de la guerre en Ukraine semble loin, très loin. Poutine ne bouge pas d'un iota et ses troupes continuent d'avancer. Et Selenskyi ne veut pas non plus négocier.

Un moment donné, Zelenskyi sera obligé de négocier. Autrement, l'Ukraine risque sa destruction totale. Foto: President of Ukraine / Wikimedia Commons / CC0 1.0

(KL) – Faut-il vraiment compter sur Donald Trump pour mettre un terme à la guerre en Ukraine ? Pendant que la défense ukrainienne n’arrive pas à stopper le lent avancement des troupes russes, Selenskyi répète machinalement dans son allocution vidéo quotidienne, les mêmes slogans et la même propagande. Ainsi, il estime toujours qu’une forte présence ukrainienne dans la petite région russe de Kursk pourrait améliorer ses chances pour un jour, négocier sa « juste paix ». Et pour cette occasion, il ravive même l’histoire des prétendus soldats nord-coréens dans la région de Kursk, soldats que personne n’a encore pu voir et donc la présence n’a jamais été documentée. La seule « source d’information » concernant ces soldats nord-coréens, sont les services secrets ukrainiens, qui ne constituent pas vraiment une source d’information fiable en temps de guerre. Mais pour ne pas froisser Selenskyi, l’Occident préfère croire en la présence de ces soldats nord-coréens…

Il suffit de regarder l’évolution du front à l’est de l’Ukraine. Peu à peu, l’armée russe avance et menace aujourd’hui de faire tomber la 2e ligne de la défense ukrainienne – si cette ligne de défense devrait tomber, les Russes auront 150 km de territoire libre devant eux, sans défense digne de cette appellation. Pour le dire autrement, l’Ukraine est en train de perdre militairement cette guerre, mais comme le souligne Selenskyi, « ce n’est pas encore le moment pour négocier ». Le temps que ce moment viendra pour Selenskyi, de nombreux jeunes Ukrainiens auront encore perdu la vie.

Bien sûr, et aujourd’hui, lorsque l’on critique Selenskyi, il faut l’écrire, il est évident que Poutine et Poutine seul est responsable de cette terrible guerre, avec une invasion totalement contraire au droit international. Mais, comme on l’écrit souvent, cela n’enlève pas l’obligation de Selenskyi d’agir dans l’intérêt de son peuple. Sacrifier la jeunesse ukrainienne dans une guerre qu’il ne peut pas gagner militairement, n’est pas exactement veiller au bien-être du peuple ukrainien. A l’approche de l’hiver, particulièrement rude dans cette région, l’infrastructure ukrainienne est déjà en grande partie détruite, les Ukrainiens souffrent et souffriront encore davantage.

Les slogans occidentaux (« il faut mettre Poutine à genoux », « il faut forcer Poutine à accepter une juste paix », « on doit battre la Russie pour qu’elle ne recommence jamais ») ne sont en rien mieux que les slogans russes. Mais ces slogans coûtent des vies humaines et quand on regarde l’évolution de cette guerre après presque trois ans, force est de constater que cette guerre ne peut pas être gagnée sur le champ de bataille.

Pourtant, les régions occupées et annexées par l’armée russe, ne pourront pas être récupérées par l’armée ukrainienne qui, héroïquement, se défend avec les moyens à sa disposition. Il est évident que les armes réclamées par l’Ukraine ne pourront que contribuer à l’escalade de cette guerre, mener à davantage de destructions et de morts, sans pour autant pouvoir être des « game changers ». La Russie, soutenue par les états BRICS qui représentent la moitié de la population mondiale et une puissance économique déjà supérieure à celle des G7, continuera cette guerre jusqu’à l’obtention de ce qu’elle veut. Une « juste paix », concept qui n’a jamais existé dans l’histoire de l’humanité à la fin d’une guerre, ne sera pas le résultat de cette guerre. Soit, Donald Trump arrive à forcer la main aux deux côtés de se mettre à la table de négociation, soit cette guerre se terminera par la destruction totale de l’Ukraine. C’est tragique, mais aucune guerre ne s’est jamais déroulée de manière chevaleresque en tenant compte des souhaits du pays vaincu. Évaluer la situation sous cette angle, serait peut-être mieux que de continuer à croire en notre propre propagande et celle des services secrets ukrainiens.

Il est incroyable que le dernier espoir repose aujourd’hui sur un criminel condamné devenu président des États-Unis – mais tant que Poutine et Selenskyi restent aux commandes dans leurs deux pays, cette guerre continuera son escalade qui pourrait se terminer dans une catastrophe nucléaire. Vivement le début du mois de janvier et la reprise du pouvoir aux USA par Donald Trump. Jamais, on aurait pensé écrire un jour une telle phrase, mais si on souhaite que cette guerre s’arrête, mieux vaut miser sur Trump que sur Poutine et Selenskyi…

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