Un 14 juillet aux couleurs de l’Europe et l’Alsace
Lundi, Strasbourg a rendu hommage à la France, à l’Europe et la planète pour le traditionnel feu d’artifice du 14 juillet.
(Lucie Cardoso de Oliveira / Félicia Dassonville) – 19H30 – Les plus prévoyants arrivent à la Place de l’Étoile à Strasbourg, et s’installent en première loge, objectif : avoir la meilleure place. Parmi eux, un père de famille venu de Marlenheim pour assister au spectacle. « On a anticipé pour venir en avance. On a de la chance, on est bien placé. Quoi demander de plus ! », explique avec enthousiasme le trentenaire. Depuis quelques années, la famille vient tous les ans pour voir le feu d’artifice, « une tradition » pour bon nombre d’Alsaciens. Autour, les premières notes de musique résonnent. On peut entendre « Video Killed the Radio Stars » de The Buggles ou encore « Girls just want a have fun » de Cindy Lauper. Une occasion de se retrouver en célébrant la fierté d’être français et européen en musique.
Au milieu de la piste de danse, Hawa, accompagnée de son amie, profite des festivités. « J’avais envie de sortir. Tout se passe bien, il y a le spectacle », explique-t-elle. L’ambiance est au rendez-vous pour les deux jeunes femmes. « La fête de la musique, on peut dire que c’est high level mais là, ça va », affirme la jeune femme. Pas très loin, un groupe d’amis venu de Norvège, du Danemark et des Pays-Bas profite d’un verre. « C’est la première fois que je suis ici pour le 14 juillet, je suis stressé par le feu d’artifice. Mais je suis content de voir tout le monde heureux », explique Lannart, néerlandais, venu à Strasbourg pour un stage au Conseil de l’Europe. Pour Magnus, norvégien et stagiaire, tout comme Lannart, la fête nationale dans son pays est, pour lui, meilleure. « En Norvège, c’est plus grand, on célèbre la constitution norvégienne qui est la plus vieille dans le monde », ajoute le jeune homme.
Les buvettes sont remplies, un véritable rush continue s’installe. Comme chaque année, des queues à rallonge se profilent devant les stands. Festivité ne veut pas dire sans sécurité. Plus de 50 membres de CRS (Compagnie Républicaine de la Sécurité) par équipe de trois patrouillent sur toute la zone. La protection civile est également présente pour veiller à la sécurité de la population. D’après un agent de la protection civile : « on va veiller au bien-être de toutes les personnes qui vont admirer le feu d’artifice et on pourra réceptionner des personnes, si jamais quelqu’un a des petits soucis et fait un malaise. On est en possibilité de réceptionner toute personne en difficulté et de l’envoyer dans un centre de secours le plus proche ».
21H45 – Le parc de l’Étoile est plein à craquer. La foule compacte rend les déplacements difficiles. Seuls les plus prévoyants, venus planter leur siège dès le début de la soirée profitent d’un emplacement de choix. L’ambiance est impatiente, mais bon enfant. Tout le monde échange des sourires, l’excitation se fait ressentir, tous guettent le ciel en attendant que le spectacle débute. A quelques dizaines de minutes du début du spectacle, les pilotes de drone chauffent l’assemblée, en émettant des signaux lumineux. Des cris de joie surviennent, le public est fin prêt.
22H29 – Les lumières s’éteignent soudainement. Un « Ahhh » collectif se fait entendre parmi une foule de 50 000 spectateurs, venus spécialement pour admirer le « show » du 14 juillet. Les yeux tournés vers le ciel, c’est sur la musique du chant des partisans, connue de tous, « Bella Ciao » que les premières lumières apparaissent. 480 drones sur un fond bleu nuit dansent à l’unisson, telles des constellations. Un véritable ballet aérien futuriste. Comme des étoiles filantes chorégraphiées, ils dessinent les valeurs républicaines : « Liberté-Égalité-Fraternité ». Chaque devise est accompagnée d’un symbole lumineux : un oiseau pour représenter la « Liberté », la balance de la justice pour « l’Égalité », et des silhouettes unies par la main, aux couleurs du drapeau LGBT, pour symboliser la « Fraternité ». Dans un silence respectueux et admiratif, on peut malgré tout entendre quelques « Wow ! ». Puis vient Marianne, suivie de la fameuse cigogne et du Parlement européen, fiers symboles de l’Eurométropole.
Eh oui, la cigogne… Foto: © David Wohlfahrt
Le spectacle s’enchaîne avec douceur. Les feux d’artifices rythment la chorégraphie, éclatant en arrière-plan. Le ciel devient un écran géant, un tableau en mouvement. Quand « L’oiseau et l’enfant » de Kids United retentit, une planète entre deux mains prend forme dans les airs, clin d’œil à la politique écologique de la ville. On entend quelques personnes chanter à l’unisson, le regard ému, les douces paroles de cette chanson pleine de symboles. Après un court instant de silence, la voix de Michael Jackson s’élève sur « Earth Song », provoquant frissons et émotions dans le public. 20 minutes hors du temps.
Un spectacle entre tradition et modernité. Qui a émerveillé petits et grands. Pour Olivier, étudiant en communication, ce fut une réelle expérience immersive. « Les drones étaient impressionnants, le bouquet final était fou, le choix des musiques, la symbolique, et surtout parler de message de paix qui est celui dont on a le plus besoin », dit-il. « Je crois qu’on a vu quelque chose d’assez incroyable ce soir. J’ai des crampes à la bouche à force de l’avoir laissé ouverte, tellement j’étais bluffé », ajoute-t-il.
23H30 – Alors que la foule s’est peu à peu dispersée, les agents de la ville ont pris le relais. En silence, les camions de nettoyage ont commencé à sillonner les rues, effaçant les traces d’un soir de fête. Une autre chorégraphie, plus discrète, mais tout aussi essentielle.
Impressionnant… Foto: © David Wohlfahrt

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