Un drôle de « cadeau de Noël » américain
Juste à temps pour Noël, les États-Unis déclarent 5 personnalités européennes « persona non grata ». Il est temps de réfléchir à sanctionner les USA.
Ursula von der Leyen devrait arrêter de lécher les bottes du président américain... Foto: © European Union, 2025 / Wikimedia Commons / CC-BY 4.0int
(KL) – Le néo-fascisme américain sous Donald Trump prend des dimensions de plus en plus graves. Le State Department vient d’annoncer que 5 personnalités européennes, dont l’ancien commissaire européen français Thierry Breton et 4 personnalités issues d’ONGs, n’obtiendraient plus de visa pour se rendre aux États-Unis. Techniquement, cela ne veut pas dire que ces 5 soient des personae non gratae, mais dans les faits, ça veut dire exactement cela. L’administration Trump tient ces 5 personnes responsables pour les condamnations des GAFA à de lourdes amendes pour avoir transgressé les règles du Digital Service Act (DSA) qui impose aux exploitants des grands réseaux sociaux des mesures contre les discours de haine et les fake news. Pour l’administration Trump, dont l’agence FCC est à la chasse de tous les médias qui ne chantent pas les louanges du fantasque président, cela constitue une « censure ».
On le sait depuis quelques semaines et la publication de la nouvelle « stratégie de sécurité » américaine que les USA considèrent désormais l’Europe comme un « ennemi ». En tenant compte de ce document, l’interdiction de se rendre aux USA pour ces 5 personnalités, n’est même plus surprenante. Toutefois, en vue du comportement ouvertement hostile des USA envers l’Europe, il est temps de réagir, au lieu de baisser la tête et d’accepter tout, comme par exemple Ursula von der Leyen a l’habitude de le faire.
La similitude du discours de Poutine et de Trump est bluffante. Tandis que Poutine soupçonne le gouvernement ukrainien d’être composé de « nazis », Trump estime que les Européens censurent les partis de l’extrême-droite, donc, ceux qu’il voudrait voir au pouvoir en Europe. Mais si nous sanctionnons la Russie, il faudra également prendre de telles mesures contre les USA qui ne sont plus du tout un partenaire, mais une menace pour les derniers équilibres qui fonctionnent encore.
Qui sont les 5 désormais frappés par une interdiction de se rendre aux USA ? La personnalité la plus connue est dans doute le Français Thierry Breton, ancien ministre et commissaire européen. Ensuite, sont frappés de la même mesure, Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon de l’ONG allemande « HateAid » ; Imran Ahmed, le chef du « Center for Countering Digital Hate » qui lui, pourrait aussi se voir invalider son visa de séjour, puisqu’il vit aux États-Unis ; Clare Melford, cheffe du « Global Disinformation Index » une autre ONG qui opère depuis Londres. Au ministre des affaires étrangères US Marco Rubio d’annoncer que cette liste pourrait être élargie à volonté.
Les réactions en Europe sont d’une timidité surprenante. Bien sûr, les « héros européens » se disent choqués, mais personne ne parle de la nécessité de sanctionner un pays qui est devenu aussi dangereux que la Russie. Laisser faire Trump en espérant qu’il se souvienne de la vieille amitié transatlantique, est une erreur énorme – la position de Trump vis-à-vis de l’Europe a été couchée noir sur blanc dans un document de 33 pages et tant que ce criminel condamné est aux manettes aux USA, rien ne s’arrangera. Accepter ses folies à répétition, ne le calmera pas, mais le motivera à inventer d’autres représailles contre l’Europe.
La phrase que l’on entend depuis quatre ans concernant la Russie (« Poutine ne comprend que le langage de la force »), s’applique tout autant aux USA de Donald Trump. Dès que ce président a le vent en face, il réagit, comme avec la Chine où il est rapidement revenu sur certains droits de douane lorsque Xi Jinping lui avait rappelé que la Chine pourrait éteindre l’économie américaine sans problème et on se souvient aussi que Trump n’ose pas agir contre Poutine. Alors, si Trump ne comprend que « le langage de la force », il serait temps d’imposer les mêmes sanctions contre les USA. Par exemple en nommant 5 personnalités américaines qui ne pourront plus venir en Europe. Ce ne sont pas les candidats pour une telle mesure qui manqueraient aux États-Unis. Premier candidat : Robert Kennedy, le ministre de la santé, un « querdenker » incroyable qui est en train de devenir une menace pour la santé mondiale. Ou Pam « Blondi » Bondi ou Kash Patel, le chef du FBI.
Laisser passer cet affront contre un haut responsable politique français et des représentants d’ONGs qui œuvrent contre les discours de haine et les innombrables mensonges de Donald Trump, n’est pas possible. L’Europe ne peut pas regarder les bras croisés comment les USA deviennent un pays néo-fasciste, qui menace le monde entier, qui entretient avec ICE une troupe qui ne peut être comparée qu’à la Gestapo, qui organise une chasse à l’homme dans tout le pays et qui réfléchit à voix haute comment maintenir un criminel condamné à la présidence après son deuxième et dernier mandat, si jamais la constitution américaine sera appliquée.
Non, les États-Unis de Donald Trump ne sont plus un partenaire des Européens et encore moins, un ami. Trump travaille ses plans d’une attaque sur le Groenland, donc, le Danemark et ses « initiatives » pour mettre un terme à la guerre en Ukraine, sont une défaillance diplomatique et intellectuelle incroyable.
Soit, les USA retirent cette mesure, soit l’Union Européenne n’aura d’autres choix que de frapper les USA également de sanctions comparables. Autrement, l’UE se rendrait ridicule, en donnant raison au mépris du vieux continent qu’affichent autant Poutine que Trump.
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