Un drôle de cessez-le-feu
Théoriquement, la Russie et l'Ukraine se sont mis d'accord pour ne plus attaquer les centrales énergétiques dans les deux pays. Mais en dehors de cela, les combats s'intensifient de plus en plus.
Les citoyens veulent la paix, mais les puissants veulent la guerre. Foto: Georges Lissillour from France / Wikimedia Commons / CC0 1.0
(KL) – Qu’est-ce qu’il a changé depuis que Donald Trump s’est immiscé dans la guerre en Ukraine ? Oui, il y a des discussions, entre les Américains et les Russes, entre les Américains et les Ukrainiens, mais cette « mini-trêve » qui ne concerne que les centrales énergétiques, n’est à peine perceptible sur le terrain. Pire – depuis qu’on parle de « cessez-le-feu » ou de « paix », les combats sont plus intenses que jamais avant. Et plus on parle de paix, plus on fait la guerre.
La semaine prochaine, il y aura les prochaines négociations entre les USA et l’Ukraine, mais on connaît déjà les exigences de la Russie pour parler de la fin de la guerre et ces conditions ne pourront en aucun cas être satisfaites. Déjà le postulat d’arrêter les livraisons d’aides à l’Ukraine, ne peut pas se réaliser et l’annonce américaine et européenne de poursuivre les livraisons d’armes, constitue la réponse de l’Occident à Vladimir Poutine – il n’y aura ni « vrai » cessez-le-feu, ni « paix ». Cette guerre se poursuivra encore longtemps, car ceux qui pourraient l’arrêter, ne veulent pas l’arrêter. Comme toutes les grandes guerres, la guerre en Ukraine constitue également un « modèle d’affaires » formidable pour le belligérants qui, par conséquent, n’entendent pas l’arrêter.
Chaque partie impliquée poursuit ses propres objectifs. La Russie veut rétablir une sorte d’URSS 2.0, les Ukrainiens veulent sauver leur pays, les Américains veulent faire des affaires et les Européens veulent se protéger contre une théorique menace russe et surtout, ils voudraient bien à nouveau compter dans le concert des grands.
Mais entre les discours des un et des autres et ce qu’il se passe sur le terrain, il y a tout un monde. Les Russes attaquent la ville d’Odessa tant convoitée et aussi d’autres villes, les Ukrainiens attaquent l’aérodrome d’Engels où une partie de l’aviation russe est stationnée, avec des bombardiers qui peuvent porter des bombes atomiques. Des deux côtés, les attaques sont plus intenses que jamais, depuis on a commencé parler d’un cessez-le-feu.
Il est évident que la Russie n’a pas vraiment de motivation de stopper une guerre qui actuellement, se déroule favorablement pour elle. Il est aussi évident que l’Ukraine ne peut pas accepter les exigences folles de la Russie qui factuellement, demande une soumission ukrainienne totale. Il est également évident que les Américains veulent s’assurer des ressources naturelles de l’Ukraine et reprendre les affaires avec la Russie. Il est tout aussi évident que les Européens ne jouent plus de rôle dans ce conflit et l’organisation de troupes européennes sensées assurer une théorique paix en Ukraine, n’ont rien à voir avec les réalités sur place. Dans cette situation chaotique, il sera plus que difficile de trouver des accords et il faut donc craindre que cette guerre continue comme maintenant, allant d’escalade en escalade.
Il n’y a pas beaucoup d’espoir que la situation puisse changer la semaine prochaine. Et ça, c’est une très mauvaise nouvelle pour les millions d’Ukrainiens qui vivent depuis trois ans sous les bombes, dans les abris, dans la peur que la prochaine bombe leur tombe dessus.
Dans cette situation, mais aussi en ce qui concerne d’autres conflits dans le monde, on doit constater l’inefficacité et l’impuissance des organisations internationales comme l’ONU ou continentales, comme l’UE. Nous ne disposons d’aucune stratégie de sortie d’un tel conflit, alors, on continue à faire ce qu’on fait depuis trois ans – on livre des armes et on transfère des milliards. Si cela pouvait changer le cours de cette guerre, ça se saurait. Donc, dans les faits, tout le monde semble être d’accord sur un seul point : cette guerre doit continuer jusqu’à sa fin qui elle, sera très amère…
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