Un peu comme en France…

Après l'élection législative anticipée en Allemagne, rien n'est clair. Si l'extrême-droite n'est pas (encore) arrivé au pouvoir, aucune majorité claire ne se dégage de cette élection.

Le résultat définitif de l'élection en Allemagne se fera certainement encore attendre. Foto: Shisma / Wikimedia Commons / CC-BY 4.0int

(KL) – En vue des résultats extrêmement serrés pour plusieurs partis, il n’est ce soit pas possible de vous présenter une vraie analyse de cette élection qui risque de conduire l’Allemagne dans la même impasse que la France. A 22h, on ignore si les libéraux du FDP seront représentés au prochain Bundestag et il en est de même pour le BSW – les deux partis tournent dans les estimations autour de la barre fatidique des 5%. Ceci est important, car si un de ces partis (ou les deux) devrait entrer au prochain Bundestag, le vainqueur de cette élection, les conservateurs de la CDU/CSU, auraient besoin de deux partenaires pour former une coalition gouvernementale. Mais avec qui ?

La CDU sort comme parti le plus fort de cette élection qui aura connu un taux de participation exceptionnel (83%). Mais les conservateurs n’obtiennent que 28,6% des votes, beaucoup moins qu’espéré. A la deuxième place, on trouve l’extrême-droite AfD avec 20,5%, en doublant son score de la dernière életion législative. Avec 8,7%, Die Linke fait une remontée spectaculaire (+3,8%) et les autres sont les perdants. En premier lieu, le SPD du chancelier Olaf Scholz (16,5% / -9,2%), suivi par le FDP (4,8% / -6,7%) et les Verts (12,1% / -2,6%). Et du coup, on se pose la question avec qui la CDU de Friedrich Merz pourrait bien gouverner ?

Dans la mesure où cette élection donnait le choix entre des conceptions de la politique très différentes, la CDU a déjà exclu une coalition avec les Verts et pour une coalition CDU-SPD, il manque les sièges au Bundestag. Mais qui des autres partis, la CDU pourrait associer à une coalition avec le SPD qui, de toute manière, n’est souhaité par personne ? Par principe, la CDU ne veut et peut pas travailler avec Die Linke et le BSW et après, il n’y a plus que l’AfD. Un gouvernement minoritaire ? Non seulement que l’Allemagne n’a jamais expérimenté un gouvernement minoritaire, mais un tel gouvernement dépendrait, comme en France, du bon vouloir de l’extrême-droite.

Il faut donc attendre les résultats définitifs pour pouvoir analyser les options qui se présentent aux partis, mais une chose est déjà claire ce soir. Comme en France, où Emmanuel Macron avait provoqué des élections anticipées « pour clarifier la situation », l’Allemagne est également proche d’un chaos politique. Si cette évolution est déjà mauvaise pour l’Allemagne comme pour la France, elle est surtout catastrophique pour l’Europe. A suivre.

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