Volkswagen – une décision radicale contre la concurrence chinoise
Volkswagen envisage une restructuration radicale en passant par un plan de licenciement historique. 100 000 emplois et quatre usines en Allemagne seraient menacées.
Il paraît que le groupe Volkswagen soit passé à côté d'évolutions importantes du monde de l'automobile. Foto: Ivan Radic / Wikimedia Commons / CC-BY 2.0
(Oscar Louimaire) – « Oliver Blume prend des mesures radicales ». Selon le magazine Manager Magazin, qui cite des sources internes, le PDG de Volkswagen Oliver Blume a présenté ce projet à la direction. Sur les 657 000 salariés que compte Volkswagen à travers le monde, jusqu’à 100 000 postes seraient menacés, soit deux fois plus que les 50 000 suppressions déjà actées en mars dans le cadre d’un accord avec le syndicat IG Metall.
Ce nouveau tour de vis intervient dans un contexte financier dégradé. La percée des constructeurs chinois sur leur propre marché et en Europe, les droits de douane américains et une demande de véhicules électriques plus faible qu’anticipé sur les marchés. Au premier trimestre 2026, le bénéfice net du groupe a chuté de 28%, à 1,56 milliard d’euros, tandis que le chiffre d’affaires reculait de 2%, à 75,7 milliards d’euros, sur fond de crise persistante du marché chinois. Sollicité par l’AFP, un porte-parole du groupe a reconnu que le modèle consistant à concevoir en Allemagne, produire en Europe et exporter dans le monde entier, ne suffisait plus pour l’ensemble des marques.
Quatre sites allemands seraient menacées : les usines Volkswagen de Hanovre, Zwickau et Emden, ainsi que l’usine Audi de Neckarsulm, qui emploient ensemble plus de 45 000 personnes, rapporte Reuters. Plutôt qu’une fermeture immédiate, le scénario évoqué prévoirait une extinction progressive : à Zwickau et Emden, vitrines de la stratégie électrique du groupe, les lignes s’arrêteraient à mesure que les modèles actuels arriveraient en fin de vie, sans être remplacés. Aucune date précise n’a filtrée ; ces fermetures sont évoquées à moyen terme, alors qu’une garantie d’emploi protège en théorie les sites allemands jusqu’en 2030.
Face à ces révélations, IG Metall et le comité d’entreprise du groupe ont réagi sans tarder. Dans un communiqué commun, les deux instances se disent légitimement inquiètes pour le personnel et les régions concernées. « Si de tels projets devaient se concrétiser, nous ferions tout ce qui est en notre pouvoir pour les en empêcher. »
Volkswagen, de son côté, n’a confirmé aucun chiffre. Le groupe s’est contenté d’indiquer que l’ensemble de ses marques et filiales devait connaître un changement en profondeur, sans vouloir commenter ce qu’il a été qualifié de documents confidentiels.
Si ces mesures se concrétisent, elles constitueront sans doute l’un des plan de licenciement les plus importants dans toute l’histoire du monde des entreprises.
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