Volodymyr Zelensky au Conseil de l’Europe

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a effectué sa première visite officielle au Conseil de l’Europe mercredi, le 25 juin, à Strasbourg.

Volodymyr Zelenskyi et Alain Berset lors du point presse au Conseil d'Europe. Foto: Eurojournalist(e) / CC-BY 2.0

(Félicia Dassonville / Lisa Canastra) – C’était une journée qui restera dans les mémoires. Le mercredi 25 juin, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est rendu à Strasbourg pour une visite officielle au Conseil de l’Europe. Parti de La Haye, aux Pays-Bas, où se tenait un sommet de l’OTAN, il a fait le déplacement dans un contexte toujours marqué par la guerre opposant l’Ukraine à la Russie. Il s’agissait de sa première visite au Conseil de l’Europe depuis son élection et cette visite a été placée sous le signe de la justice.

La naissance d’un accord – Le président Zelensky est arrivé au Conseil de l’Europe à 21 heures, accueilli par les applaudissements d’Ukrainiens venus spécialement pour l’occasion. Mais le répit a été de courte durée : les choses sérieuses ont rapidement commencé. Devant les représentants des 46 États membres du Conseil de l’Europe, le président ukrainien a signé un accord visant la création d’un tribunal spécial chargé de juger le crime d’agression commis en Ukraine.

« Un tribunal pour juger les victimes et les agresseurs entre l’impunité et la responsabilité, car sans responsabilité, il ne peut y avoir de paix durable pour l’Ukraine et l’Europe dans son ensemble », a affirmé Alain Berset, le nouveau Secrétaire Général du Conseil de l’Europe. Il a ajouté que « la signature d’aujourd’hui est un pas décisif [...]. Nous ouvrirons des négociations sur un accord partiel élargi afin de permettre au plus grand nombre possible de pays de se joindre au tribunal pour le soutenir et l’aider à le gérer ».

Ce à quoi le président ukrainien a répondu : « Tout criminel de guerre doit savoir que justice sera faite, y compris la Russie. [...] La justice prend du temps, mais elle doit arriver, j’en suis sûr. Nous devons montrer clairement que l’agression mène à la punition ». Pour Ian Borg, président du Comité des ministres du Conseil de l’Europe, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et du Tourisme de Malte, le tribunal est un premier pas. « L’accord conclu aujourd’hui est la preuve vivante qu’une véritable coopération internationale, fondée sur la clarté juridique et le courage politique, peut permettre de réaliser ce qui semblait autrefois improbable ».

«C’est une question urgente» – Le président Zelensky a fait son entrée dans l’hémicycle sous un tonnerre d’applaudissements, avant de participer à une session de questions-réponses avec les parlementaires. L’échange a permis de revenir sur la guerre entre l’Ukraine et la Russie, qui dure depuis plus de trois ans. « Pendant 1 200 jours et nuits, la population ukrainienne a enduré non seulement les explosions, mais aussi le silence qui s’ensuit. Il ne s’agit pas seulement de perdre sa maison, mais de ressentir la douleur silencieuse de voir le monde défiler devant l’horreur », a affirmé Theodoros Rousopoulos, président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Pour le président Zelensky, il est nécessaire d’avoir « un verdict historique honnête ». « Tous les responsables de cette guerre doivent donc rendre des comptes. Et pas seulement à cause de ce que nous voyons tous se produire en Ukraine, mais par le biais d’un processus juridique approprié ». L’après-guerre a été l’un des sujets de ce débat, notamment sur la reconstruction de l’Ukraine. « C’est une question urgente, car la reconstruction n’est pas seulement une question stratégique, c’est aussi une question tactique. Nous avons beaucoup de dégâts après chaque hiver à cause des attaques massives des Russes. Nous avons besoin de votre soutien, nous avons besoin de l’implication de vos entreprises, du secteur privé, et nous avons besoin du financement des différentes institutions », a expliqué le président.

La guerre en Ukraine est loin de prendre fin, d’autant que la Russie a récemment revendiqué la prise de deux villages dans l’oblast de Donetsk, consolidant ainsi son occupation d’un cinquième du territoire ukrainien.

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