Allemagne – l’extrême-droite a le vent en poupe
Les communications contre l'extrême-droite n'ont que peu d'effet... Foto: Constantin Jäge / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 2.0
(KL) – C’est la gueule de bois politique en Allemagne. Quelques jours après le carnaval, les Allemands se réveillent en se rendant compte que le nouveau gouvernement, qui n’est même pas encore composé, sera aussi mauvais que le précédent. Résultat : c’est l’extrême-droite AfD qui augmente ses scores et qui se situe aujourd’hui, plus qu’à 4 petits points de la CDU. Les autres partis, sauf « Die Linke », baissent de plus en plus dans les sondages.
Dans le sondage actuel RTL/n-tv, la CDU n’arrive plus qu’à 27% d’approbation, l’AfD arrive à 23%, le SPD baisse à 14%, les Verts se situent à 12%, Die Linke à 11%, tandis que les libéraux du FDP stagne à 4% et le BSW, pendant un court instant considéré comme l’étoile montante, reste à 3% et a donc clairement perdu son bras-de-fer avec Die Linke qui elle, est aujourd’hui regardée comme le seul « vrai » parti de la gauche allemande.
Ce sondage montre également que seulement un tiers des Allemands pense que Friedrich Merz sera un bon chancelier pour l’Allemagne, ses nombreuses gaffes démontrent son inexpérience politique et les deux tiers des Allemands sont plus que sceptiques quant aux quatre ans de son mandat (qui n’a même pas encore commencé).
Les désamour pour la CDU et Friedrich Merz s’explique en partie par le nouvel endettement de l’Allemagne à hauteur de 500 milliards € que Merz prévoit pour financer à la fois le réarmement de la Bundeswehr, l’armée allemande, et de nombreux projets d’infrastructures, comme le rail, les écoles ou encore les hôpitaux et aussi la protection du climat, la condition sine qua non pour que les Verts votent avec la CDU et le SPD. L’envie des Allemands de faire porter une telle hypothèque aux générations futures, est limitée et comme dans d’autres pays européens, on se pose la question de l’urgence de cet endettement.
Si les Allemands comprennent que l’Europe a désormais deux ennemis, la Russie et les États-Unis, si les Allemands comprennent qu’il faut revoir le concept d’une défense européenne, l’imminence de la « menace russe » n’est pas perçue en Allemagne comme en France où le gouvernement met tout en œuvre pour suggérer aux Français qu’ils soient déjà en guerre.
Mais les sondages allemands démontrent que l’extrême-droite s’installe de plus en plus solidement et en vue des défaillances des partis traditionnels des dernières décennies, l’argument « ils ne peuvent pas faire pire que les autres » semble fonctionner.
Mais qui dit « extrême-droite », dit totalitarisme, dit néo-nationalisme, dit racisme, dit guerre. Évidemment que l’extrême-droite peut faire pire, comme ces mouvements ont démontré à de nombreuses reprises. Mais le désespoir des populations face à un système de partis totalement vétuste, ouvrant la voie aux plus corrompus et non pas aux plus talentueux, mène à ce vent brun qui souffle sur toute l’Europe. Et qui fera encore couler beaucoup d’encre…
Kommentar hinterlassen