Americans losers
Tôt ou tard, les « Heckel and Jeckel » de la diplomatie trumpienne devront rendre des comptes.
A Moscou comme à Kiev, ces personnages incultes mais pas totalement stupides, ne pensent qu’à faire des affaires, fut-ce au détriment de la vérité historique et de leurs concitoyens. Foto: Kremlin.ru / Wikimedia Commons / CC-BY 4.0int
(Jean-Marc Claus) – Au début du mois, à l’issue de leur rencontre avec Vladimir Poutine puis Volodymyr Zelensky, honorant par cette ordre l’agresseur au détriment de l’agressé, les missi dominici trumpiens Witkoff et Kushner ont une nouvelle fois brillé par leur méconnaissance de la géopolitique et leur servilité envers le pouvoir moscovite. Des losers de premier ordre, américains qui plus est, le label USA perdant quotidiennement toujours plus de valeur au niveau international. Aujourd’hui, seule la secte MAGA croit encore en la grandeur de cette Amérique-là que moins d’un demi-mandat présidentiel a complètement démonétisé.
Ce qui serait possiblement risible, si l’étendue des dégâts se limitait au seul territoire étasunien, mais là où il n’y a absolument rien de drôle, c’est quand l’Amérique trumpienne veut réécrire non seulement sa propre histoire, mais aussi celle du monde entier. Un révisionnisme qui fait de l’inversion des normes et des valeurs, désormais la règle communément appliquée à tous les domaines. Ainsi, lorsque Jared Kushner dit, à propos de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, que l’approche étasunienne consiste à rechercher une issue « win-win », il met agresseur et agressé sur un même plan.
Le tandem Kushner-Witkoff est-il inculte et stupide à ce point ? Inculte très certainement, stupide pas tant que ça. Le second mandat trumpien s’étant révélé très tôt, une vaste entreprise de prédation, au service exclusif des plus fortunés, il n’y a pas dans la stratégie de la Maison Blanche d’autre explication logique que celle de l’appât du gain, fut-ce au détriment de la vérité historique. Mais si Steve Witkoff et Jared Kushner ne sont pas totalement stupides, leur inculture crasse les conduira tôt ou tard, à se fracasser contre le mur de la réalité. Le business model trumpien craque de toutes parts, la nullité stratégique du locataire de la Maison Blanche n’est plus à démontrer, et seul le bon-vouloir de Vladimir Poutine le maintient dans le Bureau Ovale.
Qu’adviendra-t-il du binôme Witkoff-Kushner après les élections de mi-mandat ? Si la tricherie trumpienne déjà à pied d’œuvre, permet à cet immonde Mister President de conserver le pouvoir, ils resteront en place, mais tôt ou tard, leur boss les entraînera dans son inévitable chute. Si par contre, le peuple étasunien parvient dès cet automne, à provoquer l’alternance, dans l’une ou l’autre des Chambres, voire les deux, il y aura forcément du charivari inside the White House. La recherche de coupables sera non seulement orientée vers le monde entier, mais aussi à l’intérieur, vers ceux que Trump nomme avec mépris dumocrats, ainsi que forcément quelques proches dont possiblement les fidèles missi dominici.
Sans même cela, une procédure de destitution de cet abject président, ainsi que les procédures judiciaires en cascade qui suivraient, n’épargneraient pas les « Heckel and Jeckel » de la diplomatie trumpienne. Ainsi, Jared Kushner et Steve Witkoff sont-ils d’authentiques americans losers. Dès à présent, car aucune de leur démarche au niveau international, ne permet de solutionner les problèmes, leur intervention ne faisant que les complexifier. Dans un futur qu’il faut espérer proche, car leur allégeance à celui que le neuropsychiatre Boris Cyrulnik qualifie à très juste titre de psychopathe, les conduira à devoir rendre des comptes au peuple étasunien et à la justice.
Kommentar hinterlassen