Corruption au Parlement Européen – ce n’est pas fini

Après la vice-présidente du Parlement Européen Eva Kaili, deux autres eurodéputés viennent d'être arrêtés – le Belge Marc Tarabella et l'Italien Andrea Cozzolino.

L'eurodéputé belge Marc Tarabella a été arrêté vendredi dernier. Foto: euranet_plus / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 2.0

(KL) – Les eurodéputés Marc Tarabella (Belgique) et Andrea Cozzolino (Italie) se trouvent, depuis vendredi dernier, en détention provisoire. Ils sont inculpés de « corruption », « participation à une organisation criminelle » et « blanchiment d’argent », comme l’a indiqué le parquet fédéral belge. Cozzolino, lui, avait été arrêté à Naples en sortant de l’hôpital où il s’est fait soigner. Les inculpations et arrestations se basent sur les aveux d’un ancien eurodéputé italien, Pier Antonio Panzeri qui a déclaré avoir organisé cette corruption d’eurodéputés par le Qatar et le Maroc.

Si les personnes arrêtées clament leur innocence, le dossier de la police belge doit être lourd, car l’inculpation de plusieurs eurodéputés n’est pas anodine. Toutefois, les deux cas de Tarabella et de Cozzolino sont plus compliqués que celui d’Eva Kaili chez laquelle les enquêteurs ont trouvé des sacs en plastique contenant plus d’un million d’euros en numéraires.

En Belgique, le logement de Marc Tarabella a été perquisitionné, tout comme son bureau de maire de la commune d’Anthisnes située près de liège et un coffre-fort dans un banque liégeoise appartenant à Tarabella. Bien entendu, la présomption d’innocence vaut également pour ces eurodéputés qui se trouvent aujourd’hui derrière les barreaux, mais la police belge a mené une enquête pointilleuse avant de déclencher cette procédure qui avait commencé avec l’arrestation d’Eva Kaili. Les avocats des intéressés s’étonnent que l’on puisse incarcérer de telles personnalités sur les dépositions de Pier Antonio Panzeri, mais le dossier doit être plus épais qu’une simple déposition d’un témoin impliqué dans ce scandale.

On se souvient dans ce contexte du changement de l’attitude de Marc Tarabella concernant l’organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. En 2015, Tarabella avait encore déclaré qu’il fallait « retirer la Coupe du Monde du Qatar », tout en devenant plus tard, un grand fan de cette Coupe du Monde.

La police belge semble déterminée à faire du ménage au Parlement Européen. Il est vrai que l’image d’eurodéputé(e)s qui rentrent chez eux avec des sacs en plastique remplis de liasses d’argent, n’augmente pas vraiment la confiance des citoyens européens en leurs institutions. La grande question qui subsiste : est-ce seulement le pic de l’iceberg ou est-ce qu’il s’agit d’un scandale de corruption isolé. L’enquête belge risque de donner les réponses…

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