Allemagne – une vraie crise gouvernementale

Dans les sondages, réalisés hebdomadairement en Allemagne, les trois partis au pouvoir à Berlin, SPD, Verts et FDP, ont perdu la confiance des électeurs. A un moment de crise, ce n'est pas bon du tout.

Moins d'un tiers des Allemands fait encore confiance à cette coalition au pouvoir à Berlin. Foto: ScS EJ

(KL) – Le monde vit des moments terribles. Guerres, terrorisme, changements climatiques, paupérisation des sociétés – les tensions sont omniprésentes. Dans une telle situation, on souhaiterait que nos pays soient gouvernés par des responsables politiques à la hauteur des enjeux. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, l’Allemagne est dirigée par un chancelier Olaf Scholz dont le parti, le SPD, arrive tout juste à 14% dans les sondages. Loin derrière la CDU/CSU et loin derrière l’AfD.

Bien sûr, les sondages ne sont que – des sondages. Mais dans un pays où les sondages sont menés toutes les semaines, ils donne un bon aperçu sur l’évolution politique au pays. D’abord les chiffres : si l’Allemagne devrait voter dimanche prochain, les conservateurs de la CDU/CSU arriveraient à 32% des votes, l’extrême-droite AfD à 21%, le SPD et les Verts à 14%, les libéraux du FDP à 4% (ce qui signifierait qu’ils ne serait plus représentés au prochain Bundestag) et les autres petits partis se situent tous en-dessous de la barre fatidique de 5%. Comprendre : le plus grand parti de l’opposition totalise autant d’intentions de vote que les trois partis au pouvoir à Berlin réunis. Vous avez dit « crise gouvernementale » ?

Peu à peu, les Allemands ont perdu la confiance en leur monde politique et les « performances » du gouvernement en sont l’explication. Entre les trois partis qui forment le gouvernement berlinois, SPD, Verts et FDP, il n’y a que peu de points en commun, ce qui se traduit maintenant par la dégringolade des trois, au profit des conservateurs et de l’extrême-droite. Pourtant, à entendre les Scholz, Baerbock, Habeck & Cie., ils sont très contents de leur travail. Seul problème : les Allemands, eux, ne le sont pas.

Evidemment, la situation globale est tout sauf facile, mais cela n’excuse pas tout. La ministre des affaires étrangères Annalena Baerbock devient peu à peu la risée de la diplomatie internationale, le ministre de l’économie Robert Habeck se plante presque systématiquement sur les plateaux télévisés parce qu’il ne connaît pas ses dossiers, et le chancelier Olaf Scholz, en outre de ses trous de mémoire concernant son implication dans le scandale « CumEx » (une escroquerie à grande échelle ayant coûté plusieurs milliards d’euros à l’Allemagne), n’existe quasiment plus sur l’échiquier politique international.

Bien sûr, en Allemagne, personne ne pense à l’option qui s’imposerait dans une telle situation : des élections anticipées. Les trois partis au pouvoir feront tout pour empêcher une telle démarche, sachant que les prochaines élections les enverront dans les oubliettes politiques, les conservateurs ne sont pas encore assez forts pour s’y lancer seuls et l’extrême-droite n’est pas pressée, puisqu’elle sait que la faiblesse de tous ses adversaires politiques, les amènera presque automatiquement vers le pouvoir.

Et les Allemands dans tout ça ? Ils ont d’autres soucis, comme le montrent également les sondages. Les sujets qui occupent actuellement l’esprit des Allemands, sont la guerre en Israël et à Gaza qui inquiète 64% des Allemands, celle en Ukraine 35%, l’immigration 18%, la situation économique 13% et la sécurité d’approvisionnement en énergie 9%. Seulement 8% des sondés se soucient du devenir du gouvernement à Berlin.

Mais après, et comme dans d’autres pays, on commence à s’habituer à être gouvernés par des personnes qui ne représentent qu’une minorité des citoyens et citoyennes, mais qui travaillent surtout pour leurs propres intérêts. A nous de voter différemment, à nous de chasser ceux qui ne travaillent pas dans l’intérêt des peuples. Mais là, on prend les paris – lors des prochaines échéances, il y aura l’extrême-droite qui connaîtra un énorme essor et pour le reste, on votera à nouveau pour ceux qui portent leur part de responsabilité dans les évolutions actuelles. A pleurer…

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