Ils travaillent pour la jeunesse, eux… (2/4)

Deuxième partie de notre reportage sur le colloque « Adoulescence en crise » qui avait lieu à l'EPSAN à Brumath. Un colloque d'une qualité rare.

De gauche à droite - Ingrid Ullmann de l'organisation du colloque, Dr Vivien Triffaux et Delphine Rideau. Foto: Eurojournalist(e) / CC-BY 2.0

(KL) – Le colloque « Adoulescence en crise », ayant drainé plus de 300 professionnels et experts du monde médical issus de 29 établissements, n’a pas seulement donné une vue d’ensemble des troubles que subissent bon nombre de jeunes de nos jour, mais également un aperçu hautement intéressant des structures, organismes et initiatives qui s’occupent de cette jeunesse en détresse.

La deuxième demi-journée du colloque a été ouverte mardi par le psychiatre Dr Vivien Triffaux, chef de pôle 67I02 de l’EPSAN, qui expliquait le fonctionnement de son service qui s’occupe de jeunes depuis la pré-natalité jusqu’à l’âge des adolescents et jeunes adultes. Pour lui, le passage de l’âge d’enfant à l’âge des adolescents est des plus compliqués, une charnière dans l’existence d’une jeune personne, l’âge où les jeunes doivent se confronter au monde des adultes. Si techniquement, devenir adulte signifie « cesser de grandir », l’adolescent doit maintenant apprendre à se gérer et ce, à tous les niveaux, y compris celui de la santé.

La réponse que propose le Dr Triffaux est « Deux équipes en une » – comprendre  : une équipe de pédopsychiatres qui suit ses patients jusqu’à l’âge de 16 ans et passe harmonieusement le relais à une équipe de psychiatrie adulte. Ainsi, cette équipe peut suivre le développement de l’enfant et choisir le meilleur moment pour d’éventuels soins, un moment de relative stabilité du jeune patient. Mais à bien y regarder, il s’agit de quatre équipes en une, comme l’explique le Dr Triffaux. Pour les meilleurs résultats, le patient, sa famille, l’équipe de pédopsychiatrie et l’équipe de psychiatrie du secteur adulte doivent travailler main dans la main. Et c’est exactement ce qui se pratique dans le service du Dr Triffaux.

Également impressionnant, l’intervention de Delphine Rideau, la directrice de la Maison des Ados (MDA) de Strasbourg. Les Maisons des Ados qui existent un peu partout en France, ont été créées au début des années 2000 au Havre et puisqu’elles représentent une sorte de « maillon manquant » dans la chaîne de l’accompagnement de jeunes en détresse, leur travail est d’une grande importance. Les MDA s’occupent de jeunes en difficultés de manière totalement altruiste, les jeunes peuvent même s’adresser à cette structure en gardant l’anonymat. Bien sûr, le cas idéal est celui où un jeune se présente accompagné par ses parents, mais il y a beaucoup de jeunes, parfois en situation irrégulière, qui ont besoin de soutien.

L’offre des MDA est très complète. Rendez-vous seul ou accompagné, téléconsultation, chat, sans que l’on demande des papiers ou d’autres documents – les MDA font tout pour proposer un accès à l’aide sans bureaucratie prohibitive. Les jeunes qui s’adressent aux MDA peuvent ainsi faire appel à des compétences diverses et l’accompagnement s’y fait de manière pragmatique.

Comme d’autres structures dans le domaine difficile des soins aux jeunes, les MDA travaillent main dans la main avec d’autres structures et services pour la meilleure prise en charge.

Cette deuxième partie du colloque « Adoulescence en crise » à l’EPSAN à Brumath a démontré des solutions. Face aux problèmes grandissants des jeunes, avec une montée de la violence, un contexte familial souvent en défaillance, un monde régi par la brutalité et la guerre, le nombre de jeunes présentant des troubles psychologiques ne cesse de grandir. Ce colloque apporte la preuve que non seulement, les experts prennent la mesure de cette évolution, mais qu’ils travaillent sur des solutions, malgré un contexte difficile. Et force est de constater que sans l’engagement énorme des personnels soignants, médicaux et administratifs dans des structures comme celles présentes à ce colloque, les jeunes en difficulté resteraient bien seuls…

Demain et après-demain, nous allons parler des deux autres demi-journées de ce colloque, où il sera question des addictions, de la recherche d’une identité et identification sexuelle chez les jeunes et de plusieurs structures qui s’engagent à fond pour apporter prévention, soins et accompagnement. Et qui mériteraient d’être davantage connues…

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