« Notre-Dame sera reconstruite. Et la Terre ? »

Lors de son intervention au Parlement Européen, la jeune Suédoise Greta Thunberg a dit ses quatre vérités aux eurodéputé.e.s. Qui eux, ont poliment applaudi. Sans trop comprendre de quoi cette fille parle.

Greta Thunberg a déclenché une prise de conscience au niveau mondial. Foto: Eurojournalist(e) / CC-BY-SA 4.0int

(KL) – « Oui », disait Greta Thunberg, cette fille de 16 ans qui a déclenché un mouvement planétaire de jeunes qui manifestent tous les vendredis pour un changement de la politique climatique. « Oui, notre maison brûle. On ne dit souvent qu’il ne faut pas paniquer et je suis d’accord. La panique n’est pas un bonne conseillière. Mais là, nous ne sommes plus dans la prévention, mais la maison brûle réellement. Et donc, il faut agir maintenant. Tout de suite ».

Applaudissements dans la salle N1.4 au Parlement Européen. Elle parle bien et elle a tellement raison. « Et c’est à vous de voter à notre place », soulignait Greta, « nous sommes des enfants et adolescents. Nous, on n’a pas le droit de voter. Vous devez le faire, pour vos enfants, pour vos petits-enfants ». Quand on entend cette fille dire des vérités à l’état brut, on a envie d’acquiescer. Evidemment qu’elle a raison. « Et si vous », disait Greta à l’adresse des nombreux eurodéputé.e.s dans la salle, « étiez vraiment conscients de l’urgence de la situation, vous ne discuteriez pas des taxes ou du Brexit, mais du sauvetage de cette planète. » Applaudissements dans la salle.

C’est bien que Greta Thunberg puisse s’exprimer devant les élu.e.s de l’assemblée des peuples européens. Son combat est déjà en train de faire bouger les lignes, son action a réveillé la conscience de la jeunesse du monde. Qui elle, n’acceptera plus la perspective des « vieux » sur ce monde, cette « realpolitik » qui en fin de compte, n’est autre que l’organisation des marchés financiers et boursiers, et dans la plupart des cas, au détriment des citoyens et citoyennes.

« 200 espèces d’animaux disparaissent tous les jours », rappelle Greta Thunberg et elle n’avait même pas à finir sa phrase. Sans avoir été prononcée, cette phrase flottait dans la salle N1.4 du Parlement Européen : « Et vous attendez quoi pour agir ? »

Les chefs des groupes politiques représentés au Parlement Européen, avaient aussi la parole et pouvaient s’adresser directement à Greta Thunberg. Sur un ton involontairement paternaliste, les chefs des groupes trouvaient des mots sympas pour Greta qui elle, n’en avait cure. Elle ne parcourt pas l’Europe pour qu’on lui dise qu’elle est dans le vrai. Elle le sait, tout comme tout être réfléchissant le sait. Donc, les déclarations comme « Oui, il faudra qu’on travaille davantage sur ces questions… » ne font que montrer que le monde politique n’a pas encore compris le sens de la démarche de Greta Thunberg et des millions de jeunes qui manifestent tous les vendredis. Ces jeunes ne veulent pas que le monde adulte continue à discuter, la jeunesse du monde veut que le monde politique agit.

« Il n’est pas encore trop tard », disait Greta Thunberg à la fin, « mais il faut agir immédiatement. » Et finalement, rien ne nous empêche de la soutenir, par exemple en votant le 26 Mai prochain pour des formations qui font des questions environnementales une vraie priorité et qui présentent de vrais plans. Il faut parler moins et agir davantage. Et Greta Thunberg ? Cette fille mérite d’être soutenue à tous les niveaux. Elle ne cherche pas la gloire; au contraire, on sent très bien que son syndrome d’Asperger fait qu’elle ne se sent pas du tout à l’aise dans de tels contextes. Mais elle a le courage d’y aller, parce qu’elle croit en sa mission. Humble, claire, déterminée – Greta Thunberg est une sorte de Jeanne d’Arc des temps modernes. Espérons qu’elle gagne cette bataille, car si jamais elle devrait la perdre, on la perdra tous.

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